Parentalité: pourquoi expliquer ne suffit pas…

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Aujourd’hui, j’ai à cœur de vous partager un point de vue intéressant, celui que Caroline Burel avait présenté lors d’une conférence en ligne sur l’EFT en famille (je vous avais invités à cette conférence, souvenez-vous !).

Caroline nous disait :

« C’est à partir de 12 ans environ que nos enfants ont dans leur cerveau les ondes qui vont leur permettre de raisonner, de faire les choses par volonté, avant ils sont en mode inconscient, subconscient. (…) Jusqu’à 10 ans nos enfants sont complètement connectés à notre inconscient. Ils nous donnent accès à nos croyances, ils les captent et les manifestent. »

Je reprends ici cette citation parce qu’elle est à l’origine de cet article et qu’elle m’avait beaucoup parlé à l’époque. Avec quelques années de recul, je mettrais cependant davantage de précautions autour de son explication neuroscientifique : je n’ai pas trouvé de données scientifiques suffisamment solides pour affirmer qu’avant 10 ou 12 ans l’enfant fonctionnerait essentiellement avec son inconscient, ni qu’il serait directement « connecté » à celui de ses parents.

En revanche, l’idée qui m’avait intéressée derrière cette explication me paraît toujours aussi importante : nos enfants ne reçoivent pas seulement ce que nous leur expliquons avec des mots. Ils apprennent aussi en nous observant et sont sensibles à notre expression émotionnelle, à notre comportement, au ton de notre voix, à notre posture et à tout ce que notre communication non verbale leur transmet. Une partie de ces apprentissages se fait de manière implicite, sans qu’ils en aient nécessairement conscience, ni nous non plus.

Voyons donc ce que je peux aujourd’hui garder de ce discours et, surtout, comment je peux me l’approprier dans ma relation avec les enfants.

Cela m’invite à ne pas miser uniquement sur trois outils :

  • la logique ;
  • le raisonnement ;
  • la volonté.

Non parce que les enfants en seraient dépourvus, mais parce qu’une explication logique, aussi brillante soit-elle, ne suffit pas toujours à entrer en relation avec ce qu’ils sont en train de vivre.

Quels outils utiliser alors ?

Outil n°1 : l’écoute sensible

Je précise « sensible », parce qu’on peut toujours écouter avec notre tête, chercher à comprendre et à analyser ce qui advient, et à ce moment-là nous resterons parfois sur notre île, loin de celle de notre enfant.

Pour le rejoindre là où il est, il nous faut aussi éveiller notre sensibilité et nous ouvrir à d’autres canaux de perception. Que me dit son corps ? Son visage ? Sa posture ? Son regard ? Que se passe-t-il dans mon propre corps pendant que je suis en relation avec lui ?

Il  s’agit simplement de prendre au sérieux toute cette partie de la communication qui ne passe pas par les mots.

Par exemple : que se passe-t-il quand on force un enfant à dire « pardon » à un autre enfant suite à un conflit qu’on veut régler vite fait bien fait ?

La bouche de l’enfant dit « pardon ». Mais son corps ? Est-ce que l’enfant semble en connexion sincère avec son camarade ? Est-ce que ses yeux traduisent un réel regret ?

Les mots disent quelque chose. Tout le reste peut parfois raconter une autre histoire.

Outil n°2 : la CNV

La CNV ou Communication NonViolente permet justement de nous relier à nos ressentis et à nos besoins, et d’inviter notre interlocuteur à se relier lui aussi à ce qui se joue chez lui.

Dialoguer avec notre enfant sur le plan des sentiments et des besoins nous permet de nous intéresser à son expérience plutôt que de chercher uniquement à obtenir de lui un comportement. Et si nous faisons coïncider autant que possible notre discours avec notre état intérieur, notre communication devient aussi beaucoup plus claire.

Par exemple : une maman est au square avec sa fille. Elle a envie de rentrer à la maison parce qu’elle doit aller aux toilettes. Elle dit à sa fille : « On y va, ma puce ? Il fait froid, non ? » Sa fille refuse et continue de s’amuser sur son vélo. La mère insiste : « Bon, allez, viens, on a assez joué ! » Sa fille l’ignore. La mère baisse les armes et décide d’assumer son besoin : « Ma puce, j’ai envie de faire pipi, je voudrais rentrer. » « J’arrive ! » répond joyeusement l’enfant en rejoignant sa mère. (Véridique.)

Dans le premier cas, la mère donne à sa fille une raison qui n’est pas vraiment la sienne : le froid. Dans le second, son message devient tout simplement cohérent avec ce qu’elle vit.

Et parfois, ça change tout.

Outil n°3 : le jeu, les histoires, les images

Les enfants sont particulièrement réceptifs au jeu, aux histoires, aux images et à tout ce qui leur permet d’expérimenter plutôt que de recevoir une longue explication.

Les arguments du type « tu dois faire ci parce que sinon plus tard cela » peuvent avoir assez peu de poids lorsqu’un enfant est entièrement absorbé par ce qu’il est en train de vivre maintenant. Cela ne signifie pas qu’il serait incapable de raisonner ou de se représenter le futur : simplement, notre raisonnement d’adulte n’est pas toujours le meilleur chemin pour obtenir sa coopération.

Par contre, vous avez déjà certainement expérimenté que transformer une tâche en jeu, faire parler la brosse à dents ou le cartable, saupoudrer du plaisir sur certaines actions banales de la journée peut s’avérer très efficace et alléger considérablement le quotidien.

Mais attention : il reste un piège !

Si vous utilisez la CNV ou le jeu dans le but crispé d’envoyer votre enfant au lit ou de le contraindre à se laver les dents, alors qu’en réalité vous n’êtes absolument pas disponible pour jouer ou pour vivre une véritable connexion, il y a de bonnes chances que votre stratégie tombe à plat.

Pourquoi ? Parce que vous aurez beau fabriquer un ton enjoué de toute la force de votre volonté, votre tension continuera probablement à passer par votre voix, votre visage, votre posture et vos gestes. Votre enfant percevra qu’entre vos paroles et tout le reste, quelque chose ne colle pas.

Et vous risquez alors de prendre cette incohérence en pleine figure… sous forme de cris, de refus ou de crises.

Eh oui… avec les enfants, pas toujours facile d’échapper à sa propre vérité vraie !

Il existe évidemment de nombreux autres outils, et je compte sur vos commentaires pour compléter ma liste !

Au plaisir de vous lire,

Fanny

 Note : cet article, écrit en mai 2017 a été remanié en octobre 2026

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