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Fév 21, 2020 - CNV, parentalité    3 Comments

Et si on se réconciliait avec le cadre?

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Pauvre cadre… dans les débats sur la parentalité, et sur de nombreux groupes Facebook dédiés à l’éducation non violente, je le vois devenir le grand méchant loup qu’il faut à tout prix éradiquer de notre quotidien. A tel point que sa simple évocation provoque des levées de boucliers et des commentaires lapidaires d’une violence aussi aberrante qu’incohérente, dans des groupes qui se réclament de la bienveillance et de l’amour inconditionnel…

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Parentalité: 3 clés pour ne pas reproduire les maladresses de nos parents

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Personne ne souhaite faire subir à ses enfants les schémas relationnels qui l’ont fait souffrir pendant l’enfance. Il me semble que nous avons tous à cœur d’offrir à nos enfants une éducation qui soit au service de leur épanouissement.

Pourtant, combien de parents se retrouvent dans les mêmes travers que leurs propres parents, en ayant justement cherché à fuir leurs erreurs?

C’est ainsi que Paul, dévalorisé par son père durant toute son enfance, s’était juré que lorsqu’il aurait des enfants, il n’aurait de cesse de les encourager. Devenu père, il s’est trouvé confronté à sa blessure d’enfant: cette fois-ci, c’était son fils Léo qui cherchait le conflit avec lui, lui proposant une relation de compétition et de rivalité continuelle. Paul, réveillé dans ses blessures d’enfant, s’est mis à réagir exactement comme son père: « Mais pour qui tu te prends, tu te crois plus fort que moi… etc… » alors que c’était exactement le contraire de ce qu’il souhaitait.

  • Clé n°1: se former!

Nos parents nous ont proposé, parfois imposé, leur manière de voir le monde et d’être en relation. Nous nous sommes construits avec ces repères, et il n’est pas suffisant de décider avec sa tête de changer de repères pour que cela fonctionne. Aujourd’hui, il existe de nombreux outils pour ancrer en profondeur de nouveaux repères, des repères qui sont en lien avec la vie qui nous habite, et petit à petit changer nos habitudes. Découvrez ici les ateliers que mon amie et collègue Célia Portail et moi-même proposons pour expérimenter ces outils.

Une maman, quelques jours après avoir participé à notre atelier « Présence à soi et communication bienveillante », nous a envoyé ce retour:

« Voici les paroles de mon fils qui n’avait pas connaissance du contenu de ce que j’avais vécu ce week-end là: » maman je trouve que tu es attentive aux besoins des autres en ce moment. Ça m’émeut et me donne envie de faire pareil ». »

  • Clé n°2: se relier!

Nombreux sont les parents qui remettent en cause une éducation coupée de la vie, et qui cherchent à vivre des relations saines avec leurs enfants. Vivre des moments d’échange constructif avec des personnes qui sont dans la même recherche que nous contribue à notre évolution. (Petite mise en garde cependant: il existe aussi des groupes dont l’objet est simplement de s’insurger contre le non respect de l’enfant. Pour ma part je ne crois pas que de jeter la pierre aux personnes qui pratiquent une éducation coupée de la vie contribue à l’évolution de qui que ce soit.)

  • Clé n°3: guérir!

Aussi merveilleuses que soient nos intentions, si nous laissons de côté notre enfant intérieur et ne guérissons pas ses blessures, nos enfants viendront appuyer sur les boutons qui nous font réagir. Non pas qu’ils cherchent à nous nuire, non, ils sont au service de notre évolution. Ils réagissent, de manière inconsciente, aux messages (également inconscients) que leur envoie notre enfant intérieur.

Aussi, lorsque Paul a repris contact avec son enfant intérieur et s’est fait accompagner pour sa guérison, il a pu apaiser sa relation avec Léo, dont le comportement a changé du tout au tout à son égard.

Si vous souhaitez, vous aussi, libérer votre enfant intérieur de ses blessures, n’hésitez pas à me contacter pour un accompagnement.

Vous pouvez aussi télécharger gratuitement ce petit guide pour retrouver votre enfant intérieur!

Recevez gratuitement 12 clés pour renouer avec votre enfant intérieur

 

 

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à bientôt,
La Fannette

Éducation: de la bienséance à la bienveillance

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« Il y a des choses qui se font, et des choses qui ne se font pas »

« C’est ainsi et pas autrement »

« Parce que c’est comme ça »

Avez-vous entendu ce genre de phrases lorsque vous étiez enfant?

Ces expressions vous-ont elles aidé à saisir le sens des règles qu’on vous imposait?

Ces expressions vous paraissent-elles en lien avec la vie?… je ne pense pas… et pourtant, elles étaient les garantes des règles de vie, justement.

Chez moi, ces expressions n’ont pas eu l’effet escompté. Bien au contraire. Pendant longtemps, je me suis révoltée contre toute forme de bienséance, et j’ai remplacé ces petites phrases par d’autres, dans le style « on s’en fiche du regard des autres », « la politesse, ça rime à rien », « si vous attachez de l’importance à la bienséance, vous avez un gros problème »… et je ne suis pas la seule dans ce cas !

En grandissant/vieillissant, j’ai pu rectifier mon angle de vue, et prendre conscience que le problème ne résidait pas dans les règles de la bienséance, mais dans la manière avec laquelle on avait tenté de me les imposer.

Présenter les règles de vie d’une manière exigeante et imposée qui n’admet pas d’explications ou de négociations n’est absolument pas au service de ces règles et des valeurs qu’elles défendent, bien au contraire : car la réponse la plus répandue à l’exigence est la résistance.

Avant de transmettre ces règles, peut-être pourrions-nous en interroger le sens, et l’importance que nous leur donnons.

Par exemple:

-quelle signification est-ce que je donne au mot « merci »?

-Est-ce important pour moi que mes enfants disent merci ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?

-Est-ce que j’assume le fait que ce soit important/pas important pour moi ?

En questionnant ces notions, on arrive souvent sur le plan des besoins:

Quand j’ai appris à mes enfants à dire « merci », j’avais besoin de contribuer à leur intégration dans leur environnement social et culturel, j’avais besoin de partager avec eux des outils pour communiquer au quotidien dans le respect de chacun, j’avais besoin de transmettre des valeurs importantes pour moi…

Quand je dis « merci », j’ai besoin de témoigner ma reconnaissance, ou bien j’ai besoin d’apporter du soin à la relation, ou bien j’ai besoin de célébrer quelque chose… etc…

Autrement dit, le fait de dire merci nourrit quelque chose à l’intérieur de moi. Alors, si c’est bon de dire merci, pourquoi présenter cela comme une obligation, un dû, un devoir ?

Pourquoi transformer un mouvement naturel et réjouissant en un laborieux automatisme ?

Pourquoi priver nos enfants du plaisir de dire merci, et leur imposer le devoir de le dire ?

Parce que nous avons peur qu’ils ne le disent pas… et comme nous avons peur qu’ils ne le disent pas, nous les obligeons à le dire… mais comme nous les obligeons à le dire, ils prennent cela comme une exigence et défendent leur besoin de liberté, en faisant de la résistance, et donc, ils ne le disent pas, ou bien, sous l’emprise de la menace, de la culpabilité, de la honte, ce qui nous désole, car ce n’est pas ce que nous voulons, nous ce que nous voulons, c’est rester dans la bienveillance et l’amour avec eux…

Comment transmettre les règles de vie avec bienveillance ?

Voici quelques pistes:

1. Prendre conscience de nos endroits blessés en rapport avec ces règles (voir mon précédent article sur le sujet)

Imaginons que mon enfant bouscule quelqu’un et s’éloigne sans dire « pardon ». S’il me reste des blessures par rapport à la politesse (que je sois devenue rebelle ou que j’aie éteint mon envie de liberté), ma réaction risque de ne pas être appropriée: je peux me mettre à hurler sur mon enfant, ou bien être terriblement mal à l’aise mais faire semblant de ne rien avoir vu, etc…

2. Appliquer nous-même ces règles, au quotidien, avec joie, en y mettant du sens.

Plus mon enfant recevra de « mercis », plus il sera enclin à en offrir. Et plus je préciserai mes « mercis » (« merci pour le dessin que tu m’as fait. J’aime beaucoup ceci et cela sur ton dessin… »), plus il en comprendra le sens.

3. Transmettre le sens que ces règles ont pour nous.

Lorsque j’étais une toute jeune adulte, je me souviens avoir participé à une fête donnée par les parents de mon compagnon du moment. J’aidais la mère de mon ami à servir le repas, et je servais les personnes sans me soucier d’un ordre particulier. Elle vint vers moi et me dit gentiment: « pour respecter la tradition, nous allons servir les femmes d’abord ». Je compris que cela était important pour elle, que cela avait du sens, et j’acceptai avec plaisir de faire à sa manière.

4. Rester en lien avec nos besoins, sans nous focaliser sur les stratégies.

Imaginons le dialogue suivant, en deux versions:

Un enfant vient de recevoir un cadeau de son grand-père. Il l’ouvre, et commence à jouer avec.

Version 1, l’adulte reste accroché à la stratégie (que l’enfant dise merci)

LE PÈRE: Tu dis merci à Papi ?

L’ENFANT: Non.

LE PÈRE: Victor, dis merci, Papi t’a fait un cadeau. Il faut dire merci.

L’ENFANT: Non!

LE GRAND-PÈRE: Laisse, va, c’est pas grave.

LE PÈRE: à son père: Si, c’est important, il doit apprendre. à son fils: Dis merci à Papi, ou je prends le cadeau !

LE GRAND-PÈRE: Mais laisse-le donc, c’est pas grave, je te dis !

LE PÈRE: à son père: Je ne peux pas laisser passer ça. à son fils: Victor, je te préviens, si tu ne dis pas merci tout de suite, je reprends le cadeau !

Victor lâche son cadeau et se met à pleurer.

Résultat des courses: le grand-père est fâché contre son fils, qui n’a pas laissé Victor jouer avec le cadeau qu’il avait choisi pour lui avec amour. Le père est fâché contre son père qui a voulu interférer dans sa démarche éducative. Victor est triste de ne pas pouvoir jouer tranquillement, et de ne pas pouvoir exprimer sa gratitude à son grand-père.

Version 2, l’adulte reste accroché à ses besoins (transmettre l’expression de la gratitude à son fils, contribuer à ce que son père reçoive de la reconnaissance)

LE PÈRE: Tu dis merci à Papi ?

L’ENFANT: Non.

LE PÈRE: Tu aimes cette voiture, elle te plaît ?

L’ENFANT: Oui. Regarde, elle peut rouler toute seule.

LE PÈRE: C’est ta première voiture qui roule toute seule. Tu sais qui t’a offert cette voiture ?

L’ENFANT: C’est Papi.

LE PÈRE: Tu as envie de dire merci à Papi ?

L’ENFANT: Oui. Papi, elle est jolie la voiture.

LE GRAND-PÈRE: Je suis bien content qu’elle te plaise.

Résultat des courses: l’ambiance est restée paisible, l’enfant a pu exprimer sa gratitude d’une manière qui lui convient, le père a pu transmettre sa manière à lui d’exprimer la gratitude, le grand-père a reçu une reconnaissance sincère de la part de son petit fils.

 

Il ne me reste plus qu’à vous conseiller mes deux livres préférés sur la CNV au service de l’éducation:

Le livre de Jean-Philippe Faure, Éduquer sans punition ni récompense, donne une analyse très fine de ce qui se joue dans la relation, et invite à une réflexion approfondie et à des prises de conscience décisives.

Le livre de Inbal Kashtan, être parent avec son cœur, livre avec clarté et simplicité des exemples concrets, des exercices pratiques et une illustration fine de la Communication Non Violente.

Si cet article vous questionne, si vous avez envie de partager un témoignage, si vous souhaitez apporter votre propre éclairage, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

A bientôt !

La Fannette