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La célébration: un carburant pour la vie

crédit photo: Olivier David

Quand j’évoque la célébration lors de mes ateliers, il arrive qu’un ange un peu gêné passe par là…
Ce mot soulève quelques résistances…
Pour certains, il évoque les cérémonies religieuses. Pour d’autres, un univers de Bisounours où tout serait merveilleux en permanence. D’autres encore l’associent à la méthode Coué : il suffirait de se répéter que tout va bien pour que tout aille bien.
Pourtant, si l’on se réfère à la manière dont Marshall Rosenberg appréhendait cette notion, il s’agissait d’une manière de recharger ses batteries.
Nous passons beaucoup de temps à repérer ce qui ne fonctionne pas : ce qui manque, ce qui reste à faire, nos erreurs, nos insuffisances, les problèmes à résoudre.
Bien sûr, cette capacité est utile. Elle nous permet d’ajuster notre trajectoire et de prendre soin de ce qui a besoin de l’être.
Mais lorsque toute notre attention est tournée vers ce qui ne va pas, nous finissons par nous épuiser.
La célébration nous invite à rééquilibrer notre regard.
Il ne s’agit pas de nier les difficultés ou de donner l’illusion que tout est parfait, mais de prendre le temps de reconnaître ce qui contribue à notre bien-être et à celui des autres.
Je vous propose de faire l’expérience de la célébration de cinq manières différentes, et de tester ce que cela réveille en vous.

Remercier avec précision
L’expression de la gratitude est souvent enseignée aux enfants comme une convention de politesse incontournable. Aussi, nous avons l’habitude de dire « merci » de manière assez automatique, sans prendre le temps de nous relier à ce qui a été nourri chez nous par le comportement de l’autre personne. Prendre ce temps permet non seulement à la personne qui reçoit le service d’en goûter les bienfaits en conscience, mais aussi à la personne qui reçoit le « merci » de se relier pleinement à son besoin de contribution.
Par exemple :
« Merci d’avoir pris le temps de m’écouter ce matin. J’ai apprécié de pouvoir m’exprimer sans être interrompu. Ça m’a permis de faire le point et de retrouver de la clarté. »
Ou :
« Merci d’avoir rangé la cuisine. C’est chouette de vivre cette coopération ! »

Se remercier avant de s’endormir
Beaucoup d’entre nous terminent leur journée en faisant la liste de tout ce qu’ils n’ont pas réussi à faire. Cela participe malheureusement à encombrer le mental à un moment où il devrait au contraire se mettre en veille.
Se remémorer un événement de la journée qui a contribué à de la satisfaction, goûter pleinement cette satisfaction, la respirer, écouter la manière dont elle se manifeste dans le corps, permet de terminer la journée sur un besoin satisfait apprécié en pleine conscience.


Exemple : quand je pense au grand tour de vélo que j’ai fait… les odeurs que j’ai senties… mon corps était en éveil, je respirais pleinement, je me sentais vivante… je me remercie de m’être donné ce moment. D’y repenser, je sens beaucoup de douceur. De joie.


Recevoir les cadeaux
Pour beaucoup d’entre nous, il peut être compliqué de recevoir un cadeau.
Combien se rebiffent, au restaurant, en entendant « Tu veux bien que je t’invite? », avant de prendre le temps d’envisager l’éventualité d’accepter, et d’accueillir la joie de recevoir, et de voir l’autre personne satisfaite de donner?
Bien entendu, j’évoque là des moments où l’on est rassuré que le cadeau est désintéressé, et qu’il ne participera pas à la création d’une dette relationnelle.
La prochaine fois que les mots « Oh, il ne fallait pas! » tenteront de jaillir par réflexe depuis la gêne de recevoir, je vous propose de prendre le temps d’accueillir ce que vous recevez, de vous y intéresser, d’aller sentir à quoi ce cadeau contribue pour vous, et de le partager.

Accueillir les compliments
Lorsqu’on nous adresse un compliment, nous avons souvent le réflexe de le minimiser. « Tu parles, je n’y connais rien ». « Je n’ai rien fait de spécial ». Ou comme dans Amélie Poulain, quand Joseph complimente Georgette..
-Vous êtes belle Georgette, on dirait une fleur des champs
-Oh non, c’est rien, c’est mon aérophagie…

Un compliment, c’est en fait l’expression (masquée la plupart du temps) d’un besoin satisfait. On le refuse parce qu’on imagine que l’autre personne parle de nous. Notre ego se défend alors, refusant la tentation de se gonfler, de se faire valoir. Si l’on garde à l’esprit que la personne exprime en fait quelque chose de vivant chez elle, nous pouvons juste accueillir cela: notre présence, notre comportement, nos mots, ont contribué à quelque chose, ont nourri le lien.

Imaginons que Georgette prenne quelques secondes pour recevoir le compliment de Joseph. « Il est touché. Il ressent quelque chose quand il me voit. De penser ça, je suis touchée moi aussi, car il me plait lui aussi. » Elle pourrait recevoir ce compliment tranquillement, sans forcément dire quoi que ce soit, comme on respire un parfum.

Autre exemple, si un collègue ou un collaborateur me dit: « Franchement, super ton intervention ce matin! »
Je peux répondre :
« Ah, ça t’a plu? »
Cela lui permettra certainement de développer, et de m’en dire plus sur les besoins que mon intervention a nourris chez lui. Je m’en trouverai encouragée, le lien sera nourri, mon collègue heureux de clarifier sa pensée.
Autrement dit, je cherche le besoin satisfait derrière le compliment.
Cela me permet de recevoir réellement ce qui m’est offert.


Célébrer nos tâtonnements
Voilà sans doute la forme de célébration qui me touche le plus. Nous avons souvent appris à nous juger sévèrement lorsque nous échouons. Pourtant, lorsque nous regardons un enfant qui apprend à marcher, nous ne lui faisons pas de reproches lorsqu’il tombe. Nous sourions, nous l’encourageons, nous célébrons chacun de ses progrès, nous savons qu’il est en train d’apprendre.
Pourquoi serions-nous moins patients avec nous-mêmes ?
Chaque erreur, chaque maladresse, chaque tentative ratée peut devenir une occasion d’apprentissage. Cela ne signifie pas que nous aimons échouer.
Cela signifie simplement que nous choisissons de regarder aussi ce qui grandit grâce à l’expérience.


Exemple: Je viens de mettre fin à une collaboration qui durait depuis plusieurs années. Mes limites ont été largement dépassées, et je pourrais me reprocher de m’être fait violence quand j’ai permis à cette personne de se comporter avec moi d’une manière que je considère comme inacceptable. Je peux aussi choisir de m’appuyer sur cette expérience pour définir clairement ce qui est acceptable pour moi, en terme de relations professionnelles et amicales, et ce qui ne l’est pas. Cela me permettra à l’avenir d’avoir des repères sur ma zone de sécurité relationnelle. Me voilà donc en train de célébrer les fruits d’une expérience qui fut douloureuse.


Une pratique quotidienne
La célébration n’est pas un luxe. Elle n’est pas réservée aux jours où tout va bien. Elle est une manière de prendre soin de notre énergie, de nous relier avec intensité à ce qui nous traverse. La pratiquer de manière régulière, quotidienne, permet d’apporter à notre système intérieur une énergie bienfaisante qui servira de carburant dans les moments plus difficiles.

Si vous la pratiquez d’une autre manière que celles évoquées dans cet article, et que vous avez l’élan de partager votre expérience, n’hésitez pas à laisser un commentaire!

Explorer et transformer nos loyautés

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Pourquoi vouloir transformer nos loyautés?

La loyauté est un gage de fiabilité dans la relation, qu’il s’agisse de notre relation à nous-même et à nos valeurs, ou de notre relation aux autres. Elle recouvre plusieurs notions qui cohabitent en son sein: honnêteté, probité, droiture, dévouement. On a donc tout intérêt à valoriser la loyauté dans nos relations.

Il y a cependant un hic… certaines loyautés se logent au niveau inconscient, et nous amènent à nous saboter ou à adopter des comportements qui nous nuisent.

Pour bien comprendre jusqu’où peuvent nous mener ces loyautés, pensez aux elfes de maison dans Harry Potter. (Pour celles et ceux qui n’ont pas lu Harry Potter, les elfes de maison sont des créatures magiques, qui sont au service des grandes familles de sorciers. Le contrat qui les lie à leurs maîtres est un contrat magique et tacite, qui les empêche de dire du mal de leurs maîtres, ou de leur désobéir. Si toutefois un comportement ou un mot « inadéquat » leur échappe, ils se punissent eux-mêmes, car le contrat est plus fort que leur désir d’indépendance et de liberté).

Quand nous sommes sous l’emprise d’un contrat de loyauté avec un aïeul ou un parent, nous allons nous comporter exactement comme un elfe de maison, mais à un niveau inconscient: nous nous interdirons toute pensée ou action allant à l’encontre des croyances que nous avons reçues de ce parent. Et si toutefois nous essayons d’adopter un comportement « interdit », nous nous punissons nous-même, d’une manière ou d’une autre (en faisant passer cette punition pour une cause extérieure à nous)

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Et si on se réconciliait avec le cadre?

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Pauvre cadre… dans les débats sur la parentalité, et sur de nombreux groupes Facebook dédiés à l’éducation non violente, je le vois devenir le grand méchant loup qu’il faut à tout prix éradiquer de notre quotidien. A tel point que sa simple évocation provoque des levées de boucliers et des commentaires lapidaires d’une violence aussi aberrante qu’incohérente, dans des groupes qui se réclament de la bienveillance et de l’amour inconditionnel…

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être bienveillant sans être complaisant

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Ces derniers temps, j’ai entendu à plusieurs reprises des conversations qui me font penser que le mot « bienveillance » commence à être galvaudé.

Par exemple, une maman se plaignait que la maîtresse de son fils brandissait à tout bout de champ le mot « bienveillance », et que jamais elle ne sévissait envers les enfants qui ne respectaient pas les règles.  Et son interlocutrice de renchérir que cette histoire de bienveillance commençait à lui sortir par les yeux.

Cette bribe de conversation saisie au vol dans une file d’attente m’a mis la puce à l’oreille. Il est vrai que le mot « bienveillance » commence à être à la mode, et comme tout ce qui est à la mode, il est menacé d’usure, de déformation, voire de contrefaçon!

Comme vous pourrez le lire dans cet article très intéressant qui nous donne un éclairage sur l’étymologie et le sens profond de ce mot, il signifie « vouloir le bien ». Je trouve important de le différencier du terme « complaisance », qui signifie « action de s’accommoder au goût, au sentiment de quelqu’un pour lui plaire ».

J’ai à cœur de contribuer à redonner à cette notion de bienveillance toute sa légitimité, c’est pourquoi je vous propose d’explorer cette différence entre bienveillance et complaisance sous différents axes.

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Revenir au cœur de soi pour vivre des relations de cœur à cœur

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« Pour avoir de bonnes relations, c’est tout simple… Il suffit d’être poli, et gentil… »

sauf que:

Ce qui pour vous est poli, est peut-être pour moi de la goujaterie pure et simple…?

Et peut-être qu’un acte de gentillesse de votre part sera reçu par une autre personne comme une intrusion ô combien irrespectueuse dans son espace de liberté…?

Alors, non, être poli et gentil ne donne pas la garantie d’avoir de bonnes relations, et la politesse et la gentillesse ne forment pas un langage commun, universel, qui permet de communiquer avec tout un chacun de manière harmonieuse.

Car chacun a sa culture, chacun a son histoire et ses repères, et tout cela n’est pas un commun à tous les êtres humains.

Si nous voulons développer notre capacité à nous relier les uns aux autres, nous devons nous relier à ce qui nous est commun.

Or, quel être humain ne s’est jamais senti triste, ou joyeux? Quel être humain n’a jamais ressenti le besoin d’être accueilli, aimé, choyé?

Vous l’aurez compris, nos expériences et nos repères diffèrent, mais nos sentiments et nos besoins se rejoignent.

C’est pourquoi, pour développer la fluidité et l’harmonie dans notre manière de communiquer, nous avons tout intérêt à parler le langage de notre cœur.

Vous me direz, c’est bien joli tout ça, mais comment parler ce langage?

 

  • Avant d’utiliser le langage du cœur, il est en effet nécessaire de faire le chemin jusqu’à notre intérieur. Prendre le temps de sentir ce qui vit, ce qui vibre en nous: comment est mon corps en cet instant? Est-ce que je ressens des tensions, des nœuds quelque part en moi? Est-ce qu’une émotion se manifeste? De quoi me parle cette émotion? de quel besoin est-elle la messagère?

 

  • Et lorsque je suis en lien avec mon intérieur, je peux en témoigner à l’extérieur.

Cela ne se fait pas en un jour, c’est pourquoi il existe tant de formations et d’outils pour apprivoiser le chemin vers nous-même.

Parmi ces formations et outils, je vous conseille vivement…

  • Les ateliers que je propose, autour de la communication bienveillante: c’est par ici!
  • Vous pouvez aussi aller sur le site de la CNV (Communication Non Violente), c’est par là!
  • L’EFT, avec Caroline Burel, qui tout bientôt donnera une conférence gratuite, à laquelle vous pouvez vous inscrire en cliquant sur la bannière ci-dessous:

 

Webinaire ZEB en famille

éducation « tuteur » vs éducation « arrosoir »

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Parmi toutes les mutations que nous traversons en ce moment, il en est une, de taille, que nous avons tout intérêt à prendre en compte si nous voulons laisser derrière nous nos vieilles mues…

Il s’agit du passage de l’éducation « tuteur » à l’éducation « arrosoir ».

  • Ce que j’appelle l’éducation « tuteur » renvoie à l’idée de vouloir que nos enfants poussent « droit ».

 

Pour atteindre ce but, nous utilisons des tuteurs, qui redressent et contrarient la nature intrinsèquement déviante de l’être humain, afin de  faire de notre enfant un être social acceptable.

Cette vision se rapproche de celle de Freud, pour qui l’homme est un être fondamentalement égoïste et narcissique. Le rôle de l’éducation est alors de civiliser cette nature, de la dompter afin qu’elle se plie, bon gré mal gré, aux exigences de la vie en société.

L’éducation « tuteur » apporte donc par l’extérieur une image idéale à laquelle on est censé se conformer.

Voici quelques-unes des conséquences possibles de ce genre d’éducation:

  • Peu de connexion à son espace intérieur
  • Culpabilité, honte
  • Recherche constante de l’assentiment des autres
  • Dépendance affective
  • Manque de confiance en soi
  • Manque d’estime de soi

Je ne vous liste pas les variations possibles pour appliquer cette vision de l’éducation, premièrement parce que je n’ai pas à cœur de l’encourager, et ensuite parce que, si vraiment cela vous tente, les exemples à suivre ne manquent pas.

  • Ce que j’appelle l’éducation « arrosoir » ne suppose aucun vouloir, juste une intention: celle de prendre soin de ce qui existe déjà.

 

Cette vision se rapproche de celle de Rousseau, pour qui l’humain est un être fondamentalement bon, qui peut par la suite être perverti par la société.

On ne voit plus l’enfant comme un être neuf, à tendance perverse, qu’il faut façonner, car on garde à l’esprit qu’il contient, en germe, tout comme la graine, tout ce que la nature lui a donné (nature  miraculeuse, qui  pousse les humains à la bonté, à la générosité, et à la bienveillance). Notre rôle est donc de nourrir cette graine, en l’arrosant d’amour et du meilleur de nous-même, afin que ses qualités naturelles puissent s’épanouir.

Voici quelques-unes des conséquences possibles de ce genre d’éducation:

  • Reliance à soi, confiance en ses repères intérieurs
  • Bonne estime de soi
  • Empathie naturelle
  • Confiance en ses potentiels
  • Créativité fluide
  • Intuition développée

Si l’on a reçu une éducation « tuteur » et que l’on souhaite développer une éducation « arrosoir », il n’est pas suffisant de le décider, même avec la meilleure volonté du monde. Je connais un nombre incroyable de personnes qui choisissent la parentalité bienveillante et qui finalement appliquent une éducation « tuteur » déguisée.

Il est nécessaire d’entreprendre un travail sur soi, pour aller à la rencontre de son enfant intérieur, et l’aider à guérir les blessures laissées par les différents tuteurs qui ont contrarié sa nature. Car nos blessures guident notre inconscient vers des actions qui sont souvent contradictoires avec nos intentions.

Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez:

-Lire cet article.

-Télécharger ci-dessous les 12 clés pour prendre soin de votre enfant intérieur.

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à laisser un commentaire!

Au plaisir,

La Fannette

 

Recevez gratuitement 12 clés pour renouer avec votre enfant intérieur

10 pièges à éviter lorsqu’on commence à appliquer la CNV

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La CNV, ou Communication Non Violente, est une démarche qui vise à améliorer notre relation à nous-même et aux autres, créée dans les années 60 par Marshall Rosenberg.

Cette méthode remporte de par le monde un succès grandissant, ce dont je ne peux que me réjouir. ( Vous en aurez une présentation par ma chère amie Isabelle Padovani en cliquant ici, et par Marshall Rosenberg en regardant cette vidéo)

Ayant fait dix années de formation à la CNV, et côtoyant nombre d’adeptes de cette pratique, je pense avoir le recul nécessaire pour pointer les écueils où peut nous emmener un usage maladroit de la CNV.

Voici donc 10 pièges qui nous tendent les bras

lorsque nous débutons (et même lorsque nous poursuivons !) la CNV.

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Comprendre les mécanismes de protection: sixième étape vers la paix

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Pourquoi, lorsqu’on me dit certaines choses désagréables à entendre, ai-je de la difficulté à me relier au besoin qui est caché derrière ces paroles ?

Pourquoi est-ce que parfois, je n’ai même pas envie de discuter, j’ai juste à cœur d’avoir raison, et c’est tout ?

Pourquoi est-ce que je n’ai aucune confiance qu’il soit possible de discuter avec telle ou telle personne ?

C’est parce que si je creuse la question ne serait-ce que d’un millimètre, je vais tomber sur une mine, enfouie depuis des lustres. Une part de moi sait que si je regarde de ce côté-là, ça va faire mal, très mal. Alors cette part me protège, m’interdit l’accès à cette faille, et me fait croire que le plus important c’est d’avoir raison, ou de rester sur l’idée que l’autre personne est absolument indécrottable et qu’il est vain de vouloir entretenir un dialogue avec elle, sur certains sujets en tout cas. Et qu’est-ce que ça fait du bien, de croire ça !

Jusqu’au jour où il devient très douloureux de ne pas être en lien avec cette personne, parce qu’il s’agit d’un parent proche, d’un ami très cher, ou de notre conjoint. Et ce jour-là, on se retrouve devant une impasse: on se rend compte que si l’on veut continuer à se protéger, il va falloir éviter au maximum cette personne. En plus de notre muraille intérieure, on va devoir élaborer à l’extérieur des stratégies de fuite et d’évitement. On va se retrouver à mentir, à cacher des choses, à mettre en place tout un processus pour ne pas rencontrer « la zone dangereuse »… Et cette part de nous si précieuse, qui cherche à nous protéger, trouvera toujours de bonnes excuses: « Qu’est-ce que tu veux, je ne peux pas faire autrement, on ne peut pas discuter avec lui… »

… combien de temps pourra-t-on fonctionner de cette manière ?

… quelle énergie sera dépensée pour alimenter notre système de protection ?

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Observer sans juger: une première étape vers la paix

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En ce moment, je fais un remplacement en tant que professeur de français. Vendredi, une élève faisait une présentation orale, dont le thème était: « si j’étais un personnage de conte, ou de la mythologie, qui serais-je, et pourquoi ? ». L. avait choisi Cupidon. « Car ainsi, disait-elle, je pourrais répandre l’amour entre les humains. Pas forcément l’amour des amoureux… mais l’amour… la paix, quoi. » A la suite de quoi ses camarades lui ont posé des questions. L’une d’entre elles a retenu mon attention: « Et sans être Cupidon, on peut faire quoi, pour répandre l’amour entre les humains? »

Le débat qui suivit fut très intéressant. Car bien sûr les élèves sont arrivés à la conclusion qu’ils étaient, eux-mêmes, des humains. Et que pour changer le monde, changer la part du monde dont on est responsable, c’est à dire soi, c’est un pas capital. Ils ont admis que parfois, oui, ils se faisaient la guerre entre eux. Et qu’ils aimeraient qu’il en soit autrement. Ils étaient même bougrement motivés à « ne plus chercher à se venger », « ne plus se mettre en colère », « ne plus insulter les autres »… et en même temps que j’admirais leur motivation, je prenais conscience du sens que cela pouvait avoir de transmettre des outils pour faire la paix en soi. Car on a beau être motivé, il ne suffit pas de décider de ne plus se mettre en colère pour atteindre le niveau de sagesse d’un grand lama.

Comme je me suis formée pendant dix ans à la Communication Non Violente, je vous propose, pendant les semaines qui viennent, d’explorer cet outil qui se veut plus un art de vivre qu’une habitude de langage.

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10 croyances qui tuent l’amour

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Je suis un peu remontée quand je lis des listes de « tue l’amour » dans le genre « porter des socquettes qui font des marques aux mollets » ou « se curer les dents à la fin du repas« . Tout ça est absolument insignifiant, j’en suis la preuve vivante puisque ma relation de couple résiste à mes frasques « anti glamour » depuis plus de vingt ans.

Trêve de plaisanterie… pour moi, le véritable « tue l’amour » est beaucoup plus sournois qu’un petit bout de salade coincé entre les dents. Et plus tenace, aussi. Il consiste en une croyance, le plus souvent ancrée depuis l’enfance, qui joue le rôle de lunettes déformantes, et transforme l’élu de notre cœur en boulet, ou en monstre, ou en débile profond, ou en dieu infaillible, selon les cas.  En tout cas, le danger de ce genre de croyance réside dans le fait que l’on projette sur l’autre quelque chose qui nous appartient en propre: notre croyance. Cette dernière peut aussi s’appliquer à notre manière de voir l’amour, ou la vie conjugale.

Voici un petit tour d’horizon (non exhaustif) des croyances « tue l’amour », agrémentées de suggestions:

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