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No Comments Petite recette en cinq étapes pour un monde en paix
Avertissement préalable : ce que vous allez lire ici est une recette applicable de manière individuelle. Il ne s’agit pas des grandes lignes d’une politique mondiale utopique, qui n’engagerait que des hauts responsables ou une organisation nébuleuse détachée des humains lambdas. Si vous tenez à la croyance que la paix dans le monde ne dépend justement que de hauts responsables ou d’organisations nébuleuses, et que le modeste individu que vous êtes ne peut rien à tout cela, la lecture de cet article pourrait stimuler chez vous un certain inconfort.
Maintenant que cela est posé, je vais pouvoir commencer par le commencement : vous souhaiter la bonne année.
Plutôt que de nous souhaiter de vivre la paix pour cette année 2025, en m’en remettant à je ne sais quelle roue de Fortune, j’ai envie de mettre au menu de mes vœux annuels l’intention de vivre cette paix.
Donc, voilà : pour 2025, je pose l’intention…
de m’autoriser la paix
de saisir les opportunités qui me seront données de vivre la paix, et de voir ce qui en moi constitue une entrave à cet état de paix
d’accepter et d’accueillir mes entraves intérieures
de me donner les moyens de les libérer
de partager mes prises de conscience autour de cette thématique
Et pour aller dans le sens de ce que je viens d’écrire, je m’en vais de ce pas détailler chaque étape de ce joli programme, des fois que ma petite recette pour un monde en paix vous mette l’eau à la bouche !
1- M’autoriser la paix.
Il s’agit de poser simplement l’intention d’ouvrir une porte intérieure à la paix, et de s’engager à l’accueillir. Cela peut se faire avec une phrase comme « moi, prénom, je m’autorise la paix et j’accepte de l’accueillir » ou « moi, prénom, j’invite en moi la paix ».
L’idée est de faire une sorte d’appel d’air intérieur qui va amener cette thématique dans notre quotidien.
Cet appel d’air n’est pas anodin : une fois l’intention posée, je constate que je deviens beaucoup plus sensible à tout ce qui, en moi, fait obstacle à la paix. C’est comme un courant d’air qui profite d’une porte ouverte et dont on découvre soudain le passage : les défis, relationnels le plus souvent, rendent visibles les endroits où ça coince encore.
Je peux alors choisir de les regarder comme autant d’occasions de revenir à mon intention. De même que lorsque vous invitez du monde chez vous, vous savez que votre fonctionnement habituel va s’en trouver modifié et vous l’acceptez.
Nous pouvons aussi devenir plus attentifs aux inspirations qui contribuent à notre paix : écouter certaines musiques, parler avec certaines personnes, faire telle promenade, peut-être nous poser plus souvent avec nous-mêmes…
2- Saisir les opportunités qui me seront données de vivre la paix, et de voir ce qui en moi constitue une entrave à cet état de paix.
Si l’on ouvre la porte à la paix, et que finalement on ne prend pas le temps de l’accueillir, elle ne restera pas longtemps chez nous.
Prendre le temps de l’accueillir consiste à :
prendre en considération nos inspirations et intuitions : accepter parfois de lâcher le programme établi par notre mental quand ce qui est proposé par notre élan intérieur est, par exemple, d’aller nous promener en nature, de prendre un moment de méditation ou bien tout simplement de nous asseoir et de respirer en conscience pendant une minute ou deux ;
se mettre en métaposition chaque fois que l’on se sent stimulé dans une relation ou une situation, et observer notre réaction comme un naturaliste étudierait une espèce intéressante. Par exemple, on verra combien l’on est stimulé lorsqu’on entend parler de certaines personnalités politiques, on observera tranquillement les aigreurs et les tensions qui se réveillent dans notre corps, on en sentira la consistance : ça me fait quoi ? Ça crispe ? Ça tend ? Émotionnellement… c’est quoi ? Tristesse ? Colère ? Et maintenant, est-ce que c’est toujours pareil ? Non… ça a bougé… je suis passée de la colère à la tristesse… etc., etc.
3- Accepter et accueillir mes entraves intérieures
Cette métaposition va nous permettre de prendre un peu de distance avec les enjeux immédiats, et de déceler ce qui se cache derrière nos contrariétés et irritations : schémas relationnels, parts blessées, besoins qui n’ont pas été entendus… notre écoute et notre bienveillance envers tout ce qui se passe en nous peuvent alors contribuer à tranquilliser nos différentes parts.
Cela peut nous demander parfois moult rendez-vous avec nous-mêmes, ou avec une personne ressource qui pourra nous aider.
4- Me donner les moyens de les libérer
On peut réaliser que d’avoir invité la paix nous a finalement mis-e face à un vaste chantier que l’on aurait peut-être préféré laisser enfoui…
C’est à ce moment-là qu’il peut être judicieux de demander du soutien. Et puisque nous avons placé cette intention au centre de notre attention, nous remarquerons peut-être davantage les personnes, les ressources et les occasions qui peuvent nous aider : une inspiration pour appeler telle personne, une rencontre avec quelqu’un qui nous parlera de telle thérapeute extraordinaire…
Si l’on est déjà outillé-e pour prendre ces moments d’accueil avec soi, l’idée est alors d’accepter de prendre le temps de le faire, et d’observer, petit à petit, ce qui se détend et se transforme. Nous pouvons ainsi avoir davantage accès à une paix ancrée et durable, à partir de laquelle nous pourrons aligner nos actes avec nos véritables valeurs.
5- Partager mes prises de conscience autour de cette thématique.
Le partage le plus efficace à mon sens est l’inspiration que l’on peut susciter chez notre entourage en incarnant cet état de paix.
Ce travail que nous faisons avec nous-mêmes, d’accueillir ce qui se manifeste à l’intérieur de nous, nous pouvons le faire avec notre entourage : lorsqu’une personne s’irrite ou s’énerve, nous pouvons être à son écoute, sans chercher à l’emmener quelque part avec notre mental. La Communication NonViolente peut nous y aider, ainsi que de nombreuses autres pratiques, qui sont à notre disposition de plus en plus facilement.
Enfin, si nous sommes inspirés pour cela, nous pouvons laisser notre élan intérieur nous guider vers des partages concrets, comme ce que je suis en train de faire en écrivant cet article.
Si cet article vous a inspiré-e, et que vous avez envie d’essayer ma recette, je vous invite à quitter votre lecture ici, et à me laisser éventuellement un petit commentaire.
Je vous donne rendez-vous pour un prochain article inspiré, je ne sais sur quoi ni quand !
Au plaisir de lire vos commentaires !
Et je poursuis avec un petit paragraphe pour vous qui ne vous y retrouvez pas :
Peut-être ressentez-vous de la frustration en lisant cet article. Peut-être vous dites-vous :
« Mais je ne vois pas comment ces pratiques, certes bienfaisantes, peuvent changer le monde et l’amener vers plus de paix ? Pendant que je médite égoïstement dans ma maison de bobo, des enfants meurent sous les bombes ! »
Ces enfants menacés de mort à tout instant n’ont certainement pas la possibilité de se poser et de méditer. Vous avez la possibilité de le faire.
Il est parfois plus facile de rester uniquement dans la désignation des responsables, l’insulte ou la haine que de se poser aussi avec cette question : ça me fait quoi, quand je pense à ça ? Qu’est-ce que cela réveille comme émotion ?
Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas identifier les responsabilités, dénoncer les injustices, combattre les systèmes de domination ou s’opposer à ceux qui les entretiennent. La paix n’est pas l’indifférence, et accueillir ce qui se passe en nous ne nous demande pas de renoncer à regarder lucidement ce qui se passe dans le monde.
Je vous invite simplement à avoir aussi ce courage :
prendre la responsabilité de ce qui se réveille en vous quand vous êtes en lien avec les injustices du monde.
Prenez le temps d’écouter ce qui se joue en vous : révolte ? colère ? impuissance ? amertume ? Accueillez cela.
Car vous aimeriez faire quelque chose pour que le monde aille mieux. Vous aimeriez peut-être pouvoir prendre dans vos bras cet enfant que vous voyez souffrir et lui dire :
« Je suis là, pleure, pleure, ce que tu as vécu est injuste, pleure, tu as tellement souffert, tu peux pleurer tout ton saoul, je suis là pour recueillir tes larmes et les honorer. »
Vous ne pouvez peut-être pas prendre cet enfant-là dans vos bras.
Mais vous pouvez écouter ce que sa souffrance réveille en vous.
Peut-être touche-t-elle une part profondément vulnérable, impuissante, révoltée. Peut-être réveille-t-elle aussi vos propres blessures, vos propres expériences de l’injustice. Alors accueillez cette part de vous. Écoutez-la. Laissez venir les larmes si elles viennent.
Non pas parce qu’en accueillant votre souffrance vous allez mystérieusement libérer celle de cet enfant, mais parce que vous pourrez ensuite revenir vers le monde un peu moins encombré-e de ce qui vous appartient, et peut-être plus disponible pour entendre ce que vous voulez profondément servir.
Car accueillir ne signifie pas rester assis-e sur son coussin de méditation pendant que le monde brûle.
Lorsque j’accueille ma colère, ma tristesse ou mon impuissance, l’idée n’est pas de les faire disparaître pour pouvoir retourner tranquillement à mes occupations. Au contraire : une fois que l’émotion a été entendue, je peux commencer à écouter ce qu’elle cherche à protéger.
Derrière ma colère face à une injustice, il y a peut-être un immense besoin de justice. Derrière ma tristesse, mon besoin de prendre soin de la vie. Derrière mon impuissance, mon désir de contribuer, d’être utile, de ne pas détourner les yeux.
Et c’est à partir de cet endroit-là que l’action peut émerger.
Je peux manifester, écrire, voter, donner de l’argent, rejoindre une association, soutenir une personne, interpeller des responsables politiques, accueillir quelqu’un chez moi, participer à une action collective, modifier certaines de mes habitudes, transmettre, créer, prendre la parole… ou inventer quelque chose auquel je n’avais encore jamais pensé.
Accueillir ce qui se passe en moi ne me détourne donc pas nécessairement de l’action. Cela peut au contraire m’aider à choisir une action qui parte de ce que je veux profondément servir, plutôt qu’une réaction dictée uniquement par ma colère ou mon besoin de trouver un coupable.
La colère peut d’ailleurs être une énergie formidable pour se mettre en mouvement. Je n’ai pas besoin de devenir parfaitement paisible avant d’agir ! Mais je peux prendre le temps de me demander : qu’est-ce qui est tellement important pour moi, derrière cette colère ? Et maintenant que je le sais, qu’est-ce que je choisis de faire ?
C’est peut-être là que le travail intérieur et l’engagement dans le monde cessent de s’opposer.
Quand vous insultez les politiques et que vous en restez là, vous ajoutez des nœuds par-dessus les nœuds.
Quand vous accueillez la souffrance qui se réveille en vous, vous commencez à dénouer les vôtres, et vous devenez plus disponible pour choisir ce que vous voulez faire de cette souffrance.
Il n’y a pas besoin de haïr pour combattre une injustice.
Il y a des responsabilités à nommer, des actes à poser, de la souffrance à accueillir. Et de la joie aussi.
Très belle année à vous, pleine de courage pour la transformation qui nous appelle !
