
Comme promis, voici mon « truc » actuel pour transformer les croyances limitantes. J’appelle ici croyances limitantes des idées que nous avons profondément intégrées et qui peuvent nous empêcher de nous réaliser pleinement.
Paradoxalement, certaines d’entre elles ont pu se mettre en place, à un moment donné de notre vie, pour nous rendre service. Voilà pourquoi il n’est pas toujours si simple de s’en débarrasser ! Les aspects de nous-mêmes qui ont développé ces croyances, parfois pour nous protéger, peuvent avoir besoin d’écoute pour parvenir à les lâcher.
Avant de lire la suite, vérifiez que :
- Vous êtes à l’aise avec le fait de prendre le temps de vous écouter.
- Vous êtes à l’aise avec l’idée qu’il soit possible de se relier à différentes parts de soi-même.
- Vous êtes à l’aise avec l’idée que pour défaire les nœuds, on puisse rencontrer des émotions inconfortables.
Et si l’exercice fait émerger quelque chose de trop difficile à accueillir seul, rien n’oblige à poursuivre : on peut s’arrêter et, si nécessaire, se faire accompagner.
Pour ouvrir un espace d’écoute, l’idéal est de faire l’exercice à deux : une personne va se positionner en « écoutante », et l’autre va aller à la rencontre de sa croyance. Si l’on est seul, on peut écrire, en prenant des temps d’écoute intérieure. Je vous conseille de prévoir au moins une heure pour faire cet exercice, et de veiller à ne pas être dérangé.
Voici comment je procède :
1. Débusquer la croyance.
Les croyances qui nous empêchent d’avancer ne se présentent pas forcément à nous à visage découvert… Il faut parfois aller les débusquer.
Pour cela, nos habitudes peuvent nous donner des indices. Plus précisément, certaines habitudes que nous déplorons (je procrastine, je traîne au lit, je ne finis jamais ce que je commence…). Toutes nos habitudes ne cachent évidemment pas une croyance limitante, mais lorsqu’un même comportement se répète et nous empêche d’aller là où nous souhaitons aller, je trouve intéressant d’aller regarder ce qui se raconte derrière.
Par exemple : je ne finis pas ce que j’ai commencé.
Derrière cette habitude, il y a peut-être une croyance. Généralement, elle n’est pas très loin. Il suffit de dialoguer un peu avec la part de nous qui se complaît dans cette habitude pour voir ce qui émerge.
Revenons à notre exemple :
–Pourquoi ne finis-tu pas ce que tu commences ?
–Bah, ça sert à rien, de toute façon, ça marchera pas.
Voilà une croyance possible : quoi que je fasse, de toute façon, ça ne marchera pas.
2. Identifier les besoins auxquels répond la croyance. Et éventuellement, trouver sa racine.
Eh oui, la bonne nouvelle, c’est que cette croyance me sert peut-être à quelque chose !
À moi de trouver en quoi elle m’est utile. Pour cela, je me relie, encore une fois, à la part de moi qui se complaît dans l’habitude que je déplore, et qui exprime cette croyance.
Dans mon exemple, ça pourrait donner :
–À quoi cela te sert-il de penser cela ?
–Eh bien, comme ça au moins, si ça marche pas, je ne suis pas déçue.
On peut laisser parler cette part, et surtout laisser parler les sensations, les sentiments qui surgissent.
–Ça m’évite bien des désillusions.
–Tu as vécu des désillusions ?
–Ah, oui. Quand j’avais l’élan de fabriquer quelque chose, ou de faire un jeu, et que je m’entendais dire : oui, super, bonne idée… Ah oui, mais si tu veux te faire une maison en carton, il faudrait d’abord vider ce carton. Et pour cela il faudrait libérer une place au grenier, dans les étagères que je n’ai pas encore montées parce que je ne sais plus où j’ai mis le mode d’emploi du montage qui doit être quelque part dans les affaires que j’ai mises de côté après avoir trié des choses dans la grande armoire de ma chambre. Dommage, l’accès est bloqué par le lit que j’ai calé contre pour empêcher la porte de l’armoire de grincer, et tu n’es pas assez forte pour déplacer le lit, et moi je n’ai pas le temps parce que… Et ça, ça ne s’est pas passé qu’une fois…
Bien écouter cette part, laisser surgir les sentiments, les accueillir. Pensez que vous écoutez un enfant qui s’est fait mal, avec la confiance que votre présence et votre écoute peuvent déjà lui faire du bien.
3. Reconnaître à quoi la croyance a pu servir au moment où elle s’est mise en place.
Au bout d’un moment, on peut parfois comprendre que cette part de nous a développé une croyance pour nous protéger de quelque chose qui était difficile à vivre.
Dans mon exemple, la croyance semble m’avoir protégée d’un espoir toujours renouvelé et vain. Passer de l’excitation des projets à la douche froide était trop éprouvant pour l’enfant que j’étais. J’ai peut-être trouvé cette parade : ne pas trop s’emballer pour un projet, faire des petites choses pépères, s’ennuyer tranquillement, et surtout croire dur comme fer que les projets, c’est bien dans la tête, mais qu’il est inutile et vain de chercher à les réaliser.
Quand on comprend à quoi cette croyance a pu nous servir, on peut remercier sincèrement la part de nous qui l’a mise en place, et écouter ce qu’elle ressent alors. (Bien prendre le temps de goûter à l’intérieur ce qui se passe.)
–Quand je vois ce que tu as fait pour que la vie soit plus douce pour moi, je te remercie sincèrement. Cette stratégie m’a aidée à un moment où j’en avais besoin.
4. Montrer à la part qui a mis en place la croyance qu’aujourd’hui, on a peut-être d’autres ressources, et que cette croyance nous empêche désormais de satisfaire certains besoins.
Ce qui dans mon exemple pourrait donner :
–Aujourd’hui, tu vois, je suis grande. Je peux traverser une désillusion si elle arrive, et surtout je suis maintenant en position de créer plus librement et de faire des choix par moi-même. Et puis j’ai envie d’avancer, de progresser, de réaliser des choses qui me tiennent à cœur.
Si on sent de la résistance, on peut ouvrir à nouveau le dialogue : la première croyance en cache peut-être une autre, ou quelque chose d’autre a encore besoin d’être entendu.
Si on sent que quelque chose se détend à l’intérieur, il est important de goûter cette détente.
5. Trouver une phrase qui nous porte
La détente permet de laisser venir les mots. On peut inviter une nouvelle phrase à émerger, afin de pouvoir désormais s’appuyer sur une pensée plus aidante et qui nous paraît crédible.
Dans mon exemple, c’est la phrase suivante qui m’aide :
J’ai la capacité et la motivation de mener à bien mes projets.
Il est possible que, par réflexe, l’ancienne croyance pointe à nouveau le bout de son nez. À ce moment-là, je peux revenir à ma nouvelle phrase et regarder si elle sonne toujours juste pour moi. On peut la noter dans un endroit visible (agenda, portefeuille, sur un papier dans la poche) et la relire régulièrement.
Si le cœur vous en dit, vous pouvez laisser en commentaire votre croyance, et la phrase à laquelle vous avez abouti après avoir fait l’exercice.
À bientôt,
Fanny