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2 Comments 6 graines à semer chez nos enfants pour les aider à passer à l’action
La manière dont nous avons été accompagnés pendant notre enfance peut contribuer à construire notre confiance dans notre capacité à agir, à essayer, à nous tromper, à recommencer, à entreprendre et à nous mettre en mouvement pour aller vers la réalisation de nos rêves.
Bien sûr, ce qui nous a été transmis par nos parents ne détermine pas toute notre vie. Si nous n’avons pas été suffisamment encouragés, nous pouvons, une fois adultes, travailler sur notre confiance et apprendre à oser davantage.
Ceci dit, quelques clés toutes simples peuvent nous aider à faciliter l’épanouissement de la confiance et du goût d’entreprendre chez nos enfants.
1. Accueillir leurs projets avec intérêt
Plutôt que de pointer immédiatement les difficultés qu’ils risquent de rencontrer, nous pouvons les questionner pour les amener à réfléchir par eux-mêmes à la manière dont ils pourraient mener à bien leur projet.
Par exemple, plutôt que de dire :
Mais c’est très difficile de faire ça tout seul ! Tu ne vas pas y arriver !
Nous pouvons reformuler, valoriser l’élan et questionner :
Oui, tu voudrais construire une maison pour tes Petshops. Ils en ont de la chance ! Comment tu comptes t’y prendre ?
Il ne s’agit pas de leur faire croire que tout est possible ni que tous leurs projets aboutiront. Il s’agit de ne pas décider à leur place, avant même qu’ils aient essayé, de ce dont ils sont capables.
2. Repérer nos réactions décourageantes, les identifier et les faire évoluer
Parfois, on ne peut s’empêcher de décourager nos enfants. Hors de question de culpabiliser ! Certaines phrases nous échappent avant même que nous ayons eu le temps de réfléchir.
En revanche, nous pouvons ensuite nous demander ce qui s’est passé en nous et, éventuellement, revenir vers notre enfant.
Ma fille voulait venir avec moi à la brocante pour vendre des petites affaires. Elle avait préparé plusieurs enveloppes contenant des petites babioles. Quand j’ai vu ce qu’elle comptait vendre, je lui ai dit : « Mais personne ne voudra jamais acheter ça ! » Elle s’est effondrée.
J’ai réalisé que ma réaction faisait écho à quelque chose de mon propre vécu. Combien de fois avais-je entendu ce genre de phrases ? « C’est débile ! Tu te fais des illusions ! », etc.
J’ai pris le temps d’accueillir cette part de moi qui avait tellement besoin d’être encouragée, soutenue, et surtout de croire en elle. J’ai expliqué par la suite à ma fille que ma réaction parlait davantage de mon histoire que de son projet.
Aujourd’hui, quand elle me présente un projet et qu’une envie de le démolir avant même qu’elle ait essayé pointe son nez, j’essaie de la repérer. Je peux alors garder la bouche fermée quelques secondes, écouter ce qu’elle a à me raconter et m’occuper de ce que cela réveille chez moi un peu plus tard.
Et si malgré tout une phrase décourageante nous échappe, nous pouvons revenir dessus. Nos enfants n’ont pas besoin de parents qui ne se trompent jamais. Ils peuvent aussi nous voir reconnaître une erreur et essayer de faire autrement.
3. Remarquer ce qui fonctionne avant de regarder ce qui peut être amélioré
Critiquer systématiquement nos enfants ne leur donne guère envie d’agir. Mais il ne s’agit pas non plus de distribuer des « Bravo, tu es formidable ! » à longueur de journée.
Nous pouvons plutôt remarquer leurs initiatives, leurs efforts, leurs progrès, les stratégies qu’ils ont trouvées et ce qui fonctionne.
Notre enfant débarrasse la table et casse une assiette. On peut se centrer uniquement sur l’assiette cassée, ou commencer par voir le service rendu.
Bien sûr, éluder les problèmes ne résout rien. Transformons-les plutôt en occasions d’apprentissage :
« Merci d’avoir débarrassé la table. Et ça arrive à tout le monde de casser des assiettes ! Moi, quand ça m’arrive, c’est souvent que j’en prends trop à la fois. Et toi, est-ce que tu as repéré pourquoi l’assiette est tombée ? »
L’idée n’est donc pas d’ignorer ce qui ne va pas, mais d’aider l’enfant à regarder ce qui s’est passé et à chercher comment faire autrement la prochaine fois.
4. Leur donner des missions à la hauteur de leurs capacités
Ne jamais solliciter un enfant « parce qu’il va en mettre partout, parce qu’il ne saura pas faire, parce qu’il va tout gâcher » le prive d’occasions d’apprendre. Lui confier des missions pour lesquelles il n’est pas encore prêt risque, à l’inverse, de le mettre inutilement en difficulté.
Entre les deux, il existe un vaste terrain d’expérimentation !
Parfois, c’est vrai, ça va plus vite et c’est plus efficace pour notre quotidien de ne pas solliciter les enfants, et même de les habiller, de leur lacer leurs chaussures, de ranger à leur place, etc.
Et parfois, nous sommes pressés et nous faisons à leur place. Ce n’est pas dramatique.
Mais notre rôle de parent n’est pas seulement de gérer le quotidien de la manière la plus efficace possible. C’est aussi d’accompagner progressivement nos enfants vers l’autonomie.
Si nous faisons systématiquement à leur place ce qu’ils sont progressivement capables d’expérimenter eux-mêmes, nous réduisons leurs occasions d’essayer, de chercher des solutions, de développer des compétences et de découvrir avec satisfaction :
« Ça y est, je sais faire ! »
5. Quand ils sont découragés, commencer par écouter
Comment réagissez-vous quand vous êtes découragés et qu’on vous abreuve de conseils sans que vous ayez rien demandé ?
On est d’accord : les conseils sont généralement plus agréables à recevoir quand on en a envie.
Les enfants sont comme nous.
Quand ils sont découragés, commencer par une bonne oreille est souvent plus utile que de se précipiter sur nos solutions.
« Tu es déçu ? Tu pensais que ça marcherait et tu ne sais plus comment faire ? »
Et plutôt que de nous transformer immédiatement en réparateur officiel de la situation, nous pouvons demander :
« Tu veux qu’on cherche une solution ensemble ou tu avais surtout besoin de m’en parler ? »
Ne pas apporter immédiatement notre solution peut aussi être une manière de manifester notre confiance : peut-être notre enfant a-t-il déjà des idées. Peut-être a-t-il seulement besoin d’un peu d’aide pour les faire émerger.
6. Leur laisser le droit de se tromper
C’est peut-être l’une des graines les plus importantes.
Passer à l’action, c’est prendre le risque que ça ne marche pas.
Si chaque tentative ratée entraîne un :
« Je te l’avais bien dit ! »
… il devient assez logique d’hésiter à essayer la fois suivante.
Une erreur peut au contraire devenir une occasion de regarder ce qui s’est passé :
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
Qu’est-ce que tu as appris ?
Qu’est-ce que tu pourrais essayer autrement ?
Est-ce que tu as envie de recommencer ?
Les travaux sur les apprentissages insistent aujourd’hui sur l’importance du retour sur l’erreur : celle-ci peut devenir une information précieuse pour ajuster sa stratégie et progresser.
Finalement, peut-être que pour aider nos enfants à passer à l’action, nous n’avons pas besoin de leur garantir qu’ils vont réussir.
Nous pouvons leur transmettre quelque chose de beaucoup plus solide :
Tu peux essayer. Tu peux ne pas savoir. Tu peux te tromper. Tu peux apprendre. Tu peux demander de l’aide. Et tu peux recommencer.
Et vous, quelles sont les graines de confiance que vous semez chez vos enfants ? N’hésitez pas à compléter cet article en laissant un commentaire !
À bientôt,
La Fannette
Note : cet article a été remis à jour et complété à la lumière de ressources plus récentes sur l’autonomie, l’apprentissage et le rôle de l’erreur.
Pour aller plus loin
UNICEF, Qu’est-ce que le jeu libre et pourquoi il est recommandé de l’encourager à la maison. L’UNICEF souligne notamment l’intérêt de laisser l’enfant chercher des solutions par lui-même, l’adulte pouvant l’accompagner par des questions et des indications plutôt que tout faire à sa place.
UNICEF, Une bonne santé mentale de 0 à 5 ans. Parmi les pistes proposées : confier aux jeunes enfants des tâches à leur portée, les accompagner dans la résolution de problèmes simples et leur proposer des choix adaptés à leur âge.
Conseil scientifique de l’Éducation nationale, La métacognition. Les recommandations insistent notamment sur des retours centrés sur la tâche, le but et les stratégies plutôt que sur des jugements globaux portés sur l’enfant, ainsi que sur l’importance de faire de l’erreur « un tremplin et non un obstacle » dans les apprentissages.

Merci pour cet article, qui résonne tellement en moi… J’aurais aimé que mes parents le lisent à leur époque!
Je vais le conserver précieusement pour aider mes enfants à gagner confiance en eux et les encourager à vivre selon leurs souhaits!
Merci Alexandra pour votre commentaire!
Et tous ces conseils sont aussi applicables pour nos enfants intérieurs: si tout ceci leur a manqué, il n’est jamais trop tard pour les prendre sur nos genoux et leur prodiguer tout ce qui est bon pour eux!
Alors toutes mes affectueuses pensées à la petite Alexandra 😉