Étiquette : besoins

  • SOS enfants « ingrats »…

    … 3 étapes pour

    sortir d’un schéma relationnel toxique

    avec nos enfants…

    girl-1252740_1280

    J’ai envie d’explorer aujourd’hui le fossé qui se creuse parfois entre notre regard d’adulte et celui de nos enfants…

    Combien de parents (dont moi, je l’avoue) se plaignent de « l’ingratitude » de leurs enfants ?

    « J’ai l’impression de faire tout mon possible pour qu’il soit content, et ce n’est jamais assez »

    « Plus on leur en donne, plus ils en veulent »

    « Quand je pense à tout ce que je fais pour vous… »

    Et combien d’enfants (dont moi, je l’avoue) se plaignent de « l’incompréhension » de leurs parents ?

    « Personne ne me comprend ! »

    « J’en ai assez, c’est toujours comme ça, on m’écoute jamais ! »

    « C’est injuste ! »

    Et puisqu’aujourd’hui je suis plus proche, chronologiquement parlant, de ma partie « parent », je vais aborder la question du point de vue de l’adulte, et tâcher de répondre à cette problématique:

    Comment supporter, interpréter et accueillir « l’ingratitude » de nos enfants ?

    Si je mets « ingratitude » entre guillemets, c’est que quelque part, je trouve ce terme quelque peu ingrat pour qualifier les revendications des enfants. Certes, ces revendications sont difficilement recevables quand nous voyons à quel point nous nous appliquons à les écouter,  à les comprendre, et à nous creuser la tête pour contribuer à leur épanouissement.

    Mais en même temps, si ces revendications existent, c’est que l’insatisfaction est là, et sa seule présence la rend légitime.

    Nous commençons à la nommer « ingratitude » quand nous imaginons nos actions dévouées d’un côté de la balance, et l’insatisfaction de nos enfants de l’autre côté. C’est ce qui cause notre frustration et notre colère: nous imaginons qu’il y a un lien entre nos actions et les bouderies de nos enfants. Dès lors, nous accusons nos enfants de leur peu de reconnaissance, nous considérons leurs revendications comme illégitimes, et nous finissons par leur en vouloir.

    Comment faire pour sortir de ce schéma relationnel ?

    étape 1: comment supporter cette situation…

    • Prendre de la distance et cesser de prendre le mécontentement de nos enfants contre nous.

     

    Petit exemple: ma fille me demande de l’emmener chez une amie, et cela m’est impossible, donc je lui dis non. Ensuite, elle se renfrogne et ne m’adresse plus la parole pendant plusieurs minutes.

    Si j’imagine qu’elle me fait la tête parce que je lui ai dit non, je risque de vouloir la convaincre à toute force que j’ai eu raison de lui dire non, en me justifiant, et en faisant la liste de toutes les fois où je lui ai dit oui, puis en lui reprochant son ingratitude. Ce qui risque de creuser un peu plus le fossé entre nous, car elle ne se sentira pas comprise, et moi non plus !

    Si je me dis simplement qu’elle est déçue, et qu’elle a besoin de prendre le temps de digérer mon refus, je serai beaucoup plus empathique, et j’aurai moins de peine à supporter son silence et son visage fermé.

    étape 2: comment interpréter cette « ingratitude » ?

    Si mes actions ne sont pas à l’origine de l’insatisfaction de mes enfants, alors, de quel côté faut-il chercher?

    • Toute émotion est liée à un besoin (satisfait ou insatisfait), et non à une situation donnée… même si la situation a un rôle, puisqu’en tant que stimulus, elle réveille l’émotion en lien avec un besoin qui demande à être nourri.

     

    Si je reprends mon exemple, je dois garder à la conscience que ma fille est déçue non pas à cause de mon refus, mais simplement parce qu’en cet instant un ou plusieurs besoins ne sont pas nourris chez elle. Il peut être apaisant pour la relation de se mettre en lien avec ces besoins, verbalement ou non. Dans le cas de mon exemple, il peut s’agir du besoin de soutien, ou du besoin de connexion (avec son amie), d’appartenance (si par exemple une fête est prévue et qu’elle imagine tous ses amis ensemble, tout en se voyant contrainte de rester à la maison)

    étape 3: comment accueillir le mécontentement ?

    • Si le mécontentement de mon enfant fait remonter chez moi de la colère ou de la tristesse, même si je m’efforce de me convaincre que ce n’est pas contre moi, la première chose à accueillir est mon état intérieur, avant d’interférer avec mon enfant. Quels sont les besoins qui sont touchés ? (reconnaissance ? contribuer ? confiance ?). Mon enfant intérieur a-t-il quelque chose à me dire à ce sujet ? (Suis-je réveillée dans une blessure ? Mon enfant intérieur a-t-il besoin d’être réconforté ou rassuré ?) Pour vous aider dans l’accueil de votre enfant intérieur, vous pouvez télécharger les « 12 clés pour renouer avec son enfant intérieur » si vous ne l’avez pas déjà fait…
    Recevez gratuitement 12 clés pour renouer avec votre enfant intérieur
    Vos données restent confidentielles et aucun spam ne vous sera envoyé.

     

    • Je peux ensuite accueillir mon enfant, soit verbalement, soit en silence, suivant sa tolérance à l’empathie verbale (certains enfants ne supportent pas les reformulations, qui les mettent en lien de manière trop violente avec leur souffrance. Pour ces derniers, je conseille de les accueillir en silence, en leur offrant notre pleine présence.)

     

    • Si je vois que mon enfant s’enferre dans des croyances qui le mettent en position de victime, je peux prendre le temps, après l’avoir écouté, de l’aider à prendre conscience qu’il se passe et repasse un « mauvais disque », et qu’il peut choisir de se relier à ce qu’il reçoit de positif, afin de « changer de disque » (avant d’utiliser ce dernier point, vérifiez bien que votre intention est bien d’aider votre enfant à aller mieux, et non de le convaincre que vous êtes un bon parent…).

    Même s’il m’arrive bien sûr parfois de m’embourber dans le piège de la justification et de l’argumentation, j’utilise régulièrement ces trois étapes  et j’ai pris conscience de leur impact sur la prise de responsabilité de chacun dans la relation.

    ***

    J’espère que cet article a été utile pour vous.

    Pour continuer à cheminer avec vous, et à vous proposer des articles qui vous donnent des pistes et des coups de pouce, il me serait très utile de savoir…

    quelle est la plus grande difficulté relationnelle que vous rencontrez ?

    Alors si vous en avez l’élan, et si vous souhaitez lire un article sur un sujet qui vous touche, n’hésitez pas à répondre à ma question en commentaire !

    à bientôt,

    La Fannette

  • être gentil? non, merci.

    dog-163527_1280

     

    C’est vraiment très très bien d’être gentil. Ah oui. Tout le monde vous aime bien. Tout le monde vient vers vous, pour vous demander des tas de choses. C’est chouette.

    On se sent utile.

    Bon, c’est vrai, des fois, c’est fatigant. Quand par exemple, on interrompt son bain bien mérité d’après une semaine éreintante, pour que notre ado puisse prendre vite fait sa douche, pour aller chez sa pote voir tous les potes qui se retrouvent c’est un truc de ouf y’a tout le monde tu te rends pas compte j’y vais pas sans me laver et si je rate ce truc de ouf ma life est fichue c’est chaud j’ai trop  envie d’y aller mes potes c’est ma vie, j’en ai pour deux minutes steuplé Maman j’t’adore, ou bien quand on va vite fait chercher le carnet de vaccinations que notre père a oublié chez lui dans le dernier tiroir de la commode qui est sous les papiers entassés tout derrière les cartons du dernier tri qu’on a fait ensemble  pour lui amener vite fait à l’aéroport à Orly pour qu’il puisse décoller pour l’Afrique ça fait jamais que 4 heures de voiture aller 4 heures retour mais t’es géniale ma fille tu me rends un é-norme service, j’ai de la chance d’avoir une fille comme toi tu sais, ou bien quand on achète 100 kilos de pommes bios au gars du camion qui fait du porte à porte le pauvre il a rien vendu depuis ce matin, mais vous comprenez moi j’aime pas les pommes tant que ça, mais lui, le gars du camion, il nous sort son chapitre sur la société de consommation, les pommes traitées de chez Carrouf, hein? vous voulez pas être complice ce ça Madame, on le voit bien que vous, c’est pas pareil, vous, vous êtes quelqu’un de bien, vous alors, heureusement qu’il y a des gens comme vous qui ont une conscience parce qu’alors les gens sont vraiment cons, et vous voulez un stylo pour le chèque, cherchez pas j’en ai un, ça fait 320 euros vraiment vous êtes une femme bien vous alors Madame…

    Voui. On est une femme bien heureusement que vous êtes là vous au moins, on est la meilleure des mamans je t’aime salut à toute, on est une brave fille ça fait du bien de pouvoir compter sur toi oh là là…

    Sauf que non.

    Au bout d’un moment, la barre de l’exigence monte, monte encore, et tout à coup, on n’est plus du tout à la hauteur…

    parce qu’on est en train d’acheter le goûter préféré de notre petit dernier à la boulangerie pendant que notre premier voudrait qu’on le rappelle pour lui donner le numéro de téléphone du coiffeur, et qu’on pense à notre pauvre chien qui est resté à la maison toute la journée sans faire pipi parce que notre fille n’est pas rentrée à midi (elle était chez sa pote de ouf) pour le promener.

    Et quand on n’est plus à la hauteur, c’est la chute, la chute de ouf.

    Et ça fait mal, très mal.

    Parce que tout ce qu’on a fait, pour mériter ce titre de « gentil(le) », on l’a fait parce qu’on avait peur de ne pas être aimé(e). On avait besoin de reconnaissance.

    Et quand on arrive à la maison et qu’on entend brailler:

    -Pourquoi il est tout écrasé mon goûter ? Bouh, moi j’en veux un pas écrasééééé!

    -C’est quoi l’odeur de ouf, là ? Ah, c’est le chien, d’ailleurs t’a marché dedans, ah, t’approche pas !

    Et que notre téléphone nous braille un cinquantième sms:

    stp le n du koifeur sa urge

    Là, notre besoin de reconnaissance n’est pas du tout, du tout, du tout satisfait. On a envie de hurler que quand même, après tout ce qu’on fait pour les autres, quand même, on mériterait un peu plus de « mercis »…

    On a envie d’envoyer bouler tout le monde, et de se mettre à pleurer toutes les larmes de son corps. Et on en veut à tous ceux à qui l’on a dit « oui ». Et à ce moment-là, ils ont le culot de nous dire:

    -Mais je t’ai pas obligé(e) à me rendre service. Tu l’as fait, parce que tu l’as voulu. Je te dois rien, moi.

    Et le pire, le pire de ouf, c’est qu’ils ont raison.

    Si je ne me respecte pas lorsque je dis « oui »,

    c’est ma responsabilité.

     

    Si je ne me respecte pas lorsque je dis « oui »,

    voici les risques que je prends:

    • Épuiser mes réserves d’énergie et d’allant.
    • Demander aux autres d’assumer la responsabilité de mes besoins insatisfaits, et bien sûr, de les satisfaire (après l’exigence envers moi-même, je me retrouve dans l’exigence envers les autres: puisque je fais ça pour toi, tu peux bien faire ça pour moi).
    • En vouloir à mes proches.
    • M’aigrir.
    • Au bout d’un moment, déprimer, et verser dans le burn-out.

     

    Vous me direz, mais alors, quand est-ce qu’on prend soin de ceux qu’on aime?

    Quand est-ce qu’on se rend utile, quand est-ce qu’on fait preuve de générosité, d’altruisme?

    Pour moi, la réponse est simple:

    Quand ça vient du cœur. Quand ça nous donne de la joie, et qu’on le fait par plaisir. Quand on trouve un arrangement qui nous satisfait.

    Par exemple, j’ai prévu de ranger et de faire du ménage. Ma fille me demande d’aller chercher sa pote. Je sens que ça ne joue pas: je n’ai pas envie de me dépêcher d’aller chercher sa copine et de faire le ménage à la va-vite. Elle me propose de faire le ménage pendant que je vais chercher sa pote. Je sens tout de suite que ça se détend à l’intérieur: ça me va. Je me sens soutenue dans mon élan à rendre service.

    Si je choisis de donner à partir de mon élan intérieur,

    voici les conséquences:

    • Je suis vraie, authentique.
    • Je donne à mon entourage de vrais repères sur mes limites et sur mes besoins.
    • Je permets à mon entourage de me respecter.
    • Je ressens pleinement le plaisir de donner de mon temps et de mon énergie à partir de mon cœur.
    • Je reste dans l’amour avec moi, et avec mon entourage.

     

    Voilà ce que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui…

    et encore deux petites choses, si vous voulez aller plus loin:

    -vous pouvez relire ou lire « comment dire non, pourquoi dire non, en 6 questions »

    -vous pouvez lire le livre de Thomas D’Ansembourg,

    Cessez d’être gentil, soyez vrai

     

    Si cet article vous a parlé, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

    A bientôt,

    La Fannette

  • Éducation: de la bienséance à la bienveillance

    hands-1022028_1280

    « Il y a des choses qui se font, et des choses qui ne se font pas »

    « C’est ainsi et pas autrement »

    « Parce que c’est comme ça »

    Avez-vous entendu ce genre de phrases lorsque vous étiez enfant?

    Ces expressions vous-ont elles aidé à saisir le sens des règles qu’on vous imposait?

    Ces expressions vous paraissent-elles en lien avec la vie?… je ne pense pas… et pourtant, elles étaient les garantes des règles de vie, justement.

    Chez moi, ces expressions n’ont pas eu l’effet escompté. Bien au contraire. Pendant longtemps, je me suis révoltée contre toute forme de bienséance, et j’ai remplacé ces petites phrases par d’autres, dans le style « on s’en fiche du regard des autres », « la politesse, ça rime à rien », « si vous attachez de l’importance à la bienséance, vous avez un gros problème »… et je ne suis pas la seule dans ce cas !

    En grandissant/vieillissant, j’ai pu rectifier mon angle de vue, et prendre conscience que le problème ne résidait pas dans les règles de la bienséance, mais dans la manière avec laquelle on avait tenté de me les imposer.

    Présenter les règles de vie d’une manière exigeante et imposée qui n’admet pas d’explications ou de négociations n’est absolument pas au service de ces règles et des valeurs qu’elles défendent, bien au contraire : car la réponse la plus répandue à l’exigence est la résistance.

    Avant de transmettre ces règles, peut-être pourrions-nous en interroger le sens, et l’importance que nous leur donnons.

    Par exemple:

    -quelle signification est-ce que je donne au mot « merci »?

    -Est-ce important pour moi que mes enfants disent merci ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?

    -Est-ce que j’assume le fait que ce soit important/pas important pour moi ?

    En questionnant ces notions, on arrive souvent sur le plan des besoins:

    Quand j’ai appris à mes enfants à dire « merci », j’avais besoin de contribuer à leur intégration dans leur environnement social et culturel, j’avais besoin de partager avec eux des outils pour communiquer au quotidien dans le respect de chacun, j’avais besoin de transmettre des valeurs importantes pour moi…

    Quand je dis « merci », j’ai besoin de témoigner ma reconnaissance, ou bien j’ai besoin d’apporter du soin à la relation, ou bien j’ai besoin de célébrer quelque chose… etc…

    Autrement dit, le fait de dire merci nourrit quelque chose à l’intérieur de moi. Alors, si c’est bon de dire merci, pourquoi présenter cela comme une obligation, un dû, un devoir ?

    Pourquoi transformer un mouvement naturel et réjouissant en un laborieux automatisme ?

    Pourquoi priver nos enfants du plaisir de dire merci, et leur imposer le devoir de le dire ?

    Parce que nous avons peur qu’ils ne le disent pas… et comme nous avons peur qu’ils ne le disent pas, nous les obligeons à le dire… mais comme nous les obligeons à le dire, ils prennent cela comme une exigence et défendent leur besoin de liberté, en faisant de la résistance, et donc, ils ne le disent pas, ou bien, sous l’emprise de la menace, de la culpabilité, de la honte, ce qui nous désole, car ce n’est pas ce que nous voulons, nous ce que nous voulons, c’est rester dans la bienveillance et l’amour avec eux…

    Comment transmettre les règles de vie avec bienveillance ?

    Voici quelques pistes:

    1. Prendre conscience de nos endroits blessés en rapport avec ces règles (voir mon précédent article sur le sujet)

    Imaginons que mon enfant bouscule quelqu’un et s’éloigne sans dire « pardon ». S’il me reste des blessures par rapport à la politesse (que je sois devenue rebelle ou que j’aie éteint mon envie de liberté), ma réaction risque de ne pas être appropriée: je peux me mettre à hurler sur mon enfant, ou bien être terriblement mal à l’aise mais faire semblant de ne rien avoir vu, etc…

    2. Appliquer nous-même ces règles, au quotidien, avec joie, en y mettant du sens.

    Plus mon enfant recevra de « mercis », plus il sera enclin à en offrir. Et plus je préciserai mes « mercis » (« merci pour le dessin que tu m’as fait. J’aime beaucoup ceci et cela sur ton dessin… »), plus il en comprendra le sens.

    3. Transmettre le sens que ces règles ont pour nous.

    Lorsque j’étais une toute jeune adulte, je me souviens avoir participé à une fête donnée par les parents de mon compagnon du moment. J’aidais la mère de mon ami à servir le repas, et je servais les personnes sans me soucier d’un ordre particulier. Elle vint vers moi et me dit gentiment: « pour respecter la tradition, nous allons servir les femmes d’abord ». Je compris que cela était important pour elle, que cela avait du sens, et j’acceptai avec plaisir de faire à sa manière.

    4. Rester en lien avec nos besoins, sans nous focaliser sur les stratégies.

    Imaginons le dialogue suivant, en deux versions:

    Un enfant vient de recevoir un cadeau de son grand-père. Il l’ouvre, et commence à jouer avec.

    Version 1, l’adulte reste accroché à la stratégie (que l’enfant dise merci)

    LE PÈRE: Tu dis merci à Papi ?

    L’ENFANT: Non.

    LE PÈRE: Victor, dis merci, Papi t’a fait un cadeau. Il faut dire merci.

    L’ENFANT: Non!

    LE GRAND-PÈRE: Laisse, va, c’est pas grave.

    LE PÈRE: à son père: Si, c’est important, il doit apprendre. à son fils: Dis merci à Papi, ou je prends le cadeau !

    LE GRAND-PÈRE: Mais laisse-le donc, c’est pas grave, je te dis !

    LE PÈRE: à son père: Je ne peux pas laisser passer ça. à son fils: Victor, je te préviens, si tu ne dis pas merci tout de suite, je reprends le cadeau !

    Victor lâche son cadeau et se met à pleurer.

    Résultat des courses: le grand-père est fâché contre son fils, qui n’a pas laissé Victor jouer avec le cadeau qu’il avait choisi pour lui avec amour. Le père est fâché contre son père qui a voulu interférer dans sa démarche éducative. Victor est triste de ne pas pouvoir jouer tranquillement, et de ne pas pouvoir exprimer sa gratitude à son grand-père.

    Version 2, l’adulte reste accroché à ses besoins (transmettre l’expression de la gratitude à son fils, contribuer à ce que son père reçoive de la reconnaissance)

    LE PÈRE: Tu dis merci à Papi ?

    L’ENFANT: Non.

    LE PÈRE: Tu aimes cette voiture, elle te plaît ?

    L’ENFANT: Oui. Regarde, elle peut rouler toute seule.

    LE PÈRE: C’est ta première voiture qui roule toute seule. Tu sais qui t’a offert cette voiture ?

    L’ENFANT: C’est Papi.

    LE PÈRE: Tu as envie de dire merci à Papi ?

    L’ENFANT: Oui. Papi, elle est jolie la voiture.

    LE GRAND-PÈRE: Je suis bien content qu’elle te plaise.

    Résultat des courses: l’ambiance est restée paisible, l’enfant a pu exprimer sa gratitude d’une manière qui lui convient, le père a pu transmettre sa manière à lui d’exprimer la gratitude, le grand-père a reçu une reconnaissance sincère de la part de son petit fils.

     

    Il ne me reste plus qu’à vous conseiller mes deux livres préférés sur la CNV au service de l’éducation:

    Le livre de Jean-Philippe Faure, Éduquer sans punition ni récompense, donne une analyse très fine de ce qui se joue dans la relation, et invite à une réflexion approfondie et à des prises de conscience décisives.

    Le livre de Inbal Kashtan, être parent avec son cœur, livre avec clarté et simplicité des exemples concrets, des exercices pratiques et une illustration fine de la Communication Non Violente.

    Si cet article vous questionne, si vous avez envie de partager un témoignage, si vous souhaitez apporter votre propre éclairage, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

    A bientôt !

    La Fannette

  • Différencier nos pulsions de nos besoins profonds: huitième étape vers la paix

    firetruck-308911_1280

     

    Le système bien huilé de la surconsommation de masse a pour base et pilier principal notre incapacité à nous relier à nos besoins et à les accueillir. Il me serait beaucoup plus confortable d’affirmer que nous ne sommes que de pauvres victimes d’un racket organisé, que nous n’avons aucune responsabilité dans cette histoire de gaspillage grégaire, que nous sommes les gentils, et que les méchants sont tous ceux qui pratiquent sans vergogne un marketing de plus en plus agressif et abêtissant, et qui nous lobotomisent sournoisement, à petit feu,  à l’insu de notre plein gré. Malheureusement pour mon petit confort, tout cela n’a rien à voir avec la réalité, en tout cas celle que je vois de ma fenêtre.

    Ce que je vois?

    Un banc de petit poissons (dont je fais partie…) qui se précipite sur un bel appât, sans se soucier du fil auquel est relié ce dernier.

    Pourquoi sont-ils si pressés, ces petits poissons ?

    …parce qu’il n’y a qu’un appât, qu’ils ont faim,  et qu’ils sont mille (« serez-vous le premier à en profiter ? » « Attention, places limitées ! » « L’offre n’est valable que 48 heures ! »)

    … parce que de voir cet appât a donné la parole à un endroit d’eux-mêmes qu’ils n’avaient pas vu, un endroit qui a faim, et qui veut être nourri, tout de suite, bref, un besoin vital qui appelle à être satisfait sans délai… et parce qu’on les invite à croire que le seul moyen de satisfaire ce besoin, c’est de mordre ! (« Peut-on envisager un repas sans Daboit ? » « Heureusement il y a Dinfus! » « Quand y’en a marre, y’a Mabalar ! » « Des pâtes, oui, mais des patati ! »)

    …parce qu’on flatte leur ego en leur faisant miroiter que s’ils mordent, ils seront bien plus mieux bien que les autres petits poissons. (« Ne faites pas partie de ces gens idiots qui ne connaissent pas Topdutop ! » « Padutoc, pour ceux qui ont une vraie personnalité vraie »)

    …parce qu’ils ont peur de passer à côté d’une super occasion de changer leur vie et de devenir des gens super chouettes (« Si vous voulez continuer à vous ratatiner dans votre coquille, si vous vous plaisez dans votre médiocrité, si vous n’avez pas envie de devenir qui vous êtes vraiment, surtout ne cliquez pas ICI » )

    …et gros summum de l’hypnose, on va chercher tout au fond de leur manque de confiance en eux le petit sursaut de fierté qui va les faire mordre (« tout le monde ne peut pas profiter de cette offre. Pour en profiter, il faut vraiment prouver qu’on en veut ! Faites-vous partie de ces gens assez plus mieux bien pour avoir accès à mon top produit spécial VIP de qualité +++? Envoyez votre candidature en cliquant ICI » )

    …tout cela sans parler des solutions miracles  qu’on va adopter à la va-vite pour pallier à une situation de crise, sans prendre le temps d’aller visiter ce qui crie à l’intérieur.

    Toutes ces stratégies que l’on choisit sans prendre le temps, je les appelle des stratégies « pompier ».  Elles visent à nous sauver d’une situation douloureuse sans passer par la case « écoute ».

    C’est notre cerveau reptilien, gardien de notre sécurité,  qui nous dirige vers elles, fort heureusement d’ailleurs, car elles peuvent nous sauver la vie en cas de danger. Il n’est donc pas question de dénigrer ces stratégies, ni de chercher à les éradiquer de notre vie. Par contre, nous pouvons gagner beaucoup de temps et d’énergie, lorsque notre vie n’est pas en péril, à nous relier de manière consciente à nos besoins avant de prendre une décision.

    Par exemple, si chaque fois qu’un conflit pointe son nez, ma réaction « pompier » est de fuir la relation, cela va me soulager à court terme, à chaque fois, mais je me retrouverai, inévitablement, dans des situations de conflit.

    Mais alors…

    Comment différencier une stratégie « pompier » d’une stratégie qui soit vraiment alignée avec nos besoins ?

     

    (suite…)

  • Quitter le réflexe « apubobo »… troisième étape vers la paix

    beach-925740_1280

    Aujourd’hui, je vais vous parler d’un piège qu’il est important de connaître lorsqu’on souhaite cultiver la paix en soi et autour de soi.

    La semaine dernière, je vous ai partagé une manière d’entrer en lien avec ses émotions, de les accueillir et de les voir comme des signaux.

    Une part de nous-même n’a pas intérêt à accueillir ces émotions. Cette part n’aura de cesse de nous proposer des solutions à tour de bras, dès qu’une émotion pointera le bout de son nez.

    Si l’on a peur, elle cherchera à nous rassurer au plus vite. C’est ainsi que l’on s’entendra dire: « Non, ne fais pas ça, tu vas te faire mal ! »

    Si l’on est triste, elle cherchera à nous changer les idées, de manière immédiate, et l’on se retrouvera collé devant une comédie à l’eau de rose sans avoir eu le temps de dire « ouf ».

    Si l’on est touché, ému, elle cherchera à noyer le poisson, à nous changer les idées, à nous distraire.

    Si l’on est en colère, elle tâchera de nous raisonner, elle nous dira que tout va bien, mais non, vraiment, ce n’est pas la peine de se mettre dans des états pareils pour ça.

    Cette part tiendra exactement le même discours que « les grandes personnes » de notre enfance:

    -J’ai peur !

    –Mais non, tu n’as pas peur, regarde, il n’y a rien à craindre ! Et hop, voilà, apubobo !

    -J’ai mal !

    –Mais non, ce n’est rien ! Un pansement, et hop, voilà, apubobo !

    -J’ai faim !

    –Mais non, ce n’est pas l’heure ! Allez, juste un bonbon, et hop, voilà, apubobo !

    -Je suis  triste !

    –Il n’y a vraiment pas de quoi ! Allez, regarde le joli toutou, et hop, voilà, apbubobo !

    -Je suis en colère !

    –Ah, ça non alors ! Prends ta tétine ! Et hop, voilà, apubobo !

    (suite…)

  • Les émotions sont nos amies: deuxième étape vers la paix

    young-691660_1280

    Dans mon dernier article, je vous proposais de passer quelques heures de la semaine à observer sans juger. Avez-vous essayé ?

    Peut-être vous êtes-vous surpris à juger quand même, et peut-être vous êtes-vous observé en train de juger… Peut-être vous-êtes vous jugé d’être en train de juger, et alors vous vous êtes mis à vous observer, en train de vous juger de juger. Et là, peut-être vous-êtes vous jugé de vous juger de juger, et… vous avez réalisé que plusieurs parts coexistaient à l’intérieur de vous.

    Maintenir une attitude de non-jugement est un travail de longue haleine. Mais rejoindre la part de soi qui est capable d’accueillir la réalité de manière sereine et tranquille est beaucoup plus facile. Et plus on s’entraîne à se positionner depuis cette part, plus on est capable d’avoir un regard bienveillant sur soi et les autres, et sur la vie.

    (suite…)

  • Anti burn-out : le knock-out

    kickboxing-152817_1280

    Rassurez-vous, je ne vais pas vous proposer de boxer votre patron. Ni votre conjoint. Non. Depuis le temps, vous devriez me connaître : je prône des valeurs pacifistes!

    Aujourd’hui, il s’agit de mettre la culpabilité KO. Histoire de savoir se respecter. S’aimer. Se considérer. Histoire d’échapper au burn-out, une fois de plus…

    Le temps de compter jusqu’à 7…

    ça vous tente ?

    Alors allons-y !

    1. Débusquons-la.

    Elle se cache bien, la sournoise. Parfois, elle met ses gros sabots: vous vous entendrez dire ou penser « c’est de ma faute », et vous saurez, instantanément, que c’est elle qui vient vous tenter.

    Mais à force de se faire repérer et démanteler sans pitié (voir points suivants…), elle va essayer d’avancer masquée.

    Prudence: traquez les « j’aurais dû », mais aussi les « c’est pas de ma faute », les  « qu’est-ce que tu veux que j’y fasse, moi »…

    Parce que lorsqu’on se sent coupable, ça nous fait tellement souffrir qu’on va essayer à toute force de rejeter la faute sur l’autre, ou de se prouver qu’on n’y est pour rien.

    Et plus on mettra d’énergie à prouver qu’on n’est pas coupable, plus cela dénotera d’un sentiment important de culpabilité. En fait, dès qu’un événement est analysé avec la notion de « faute », la culpabilité est dans la place.

    Et paf, la voilà démasquée !

            worried-girl-413690_1280

    2. Allons lui chatouiller les racines, lui tirer les vers du nez, et lui passer l’envie de s’incruster à la moindre occasion !

    Derrière la culpabilité se cache une exigence :

    Je suis censé être calme, patient, ferme et bienveillant à la fois, par conséquent le fait que je vienne de me fâcher contre ma fille est impardonnable.

    Je suis censée gagner de l’argent pour subvenir aux besoins de ma famille, tout en veillant à ce que chacun se sente bien, par conséquent, le fait que mon activité ne décolle pas démontre ma grande médiocrité.

    Je suis censé ramener des bonnes notes à mes parents, pour qu’ils soient fiers de moi, par conséquent je ne suis absolument pas à la hauteur avec la bâche que je viens de ramasser.

    etc, etc…

    Vous remarquerez que l’exigence tourne toujours autour de l’image que j’ai de moi, ou de celle que j’aimerais les autres aient de moi. Autrement dit, la culpabilité est un pur produit de notre ego.

    Elle peut prendre ses racines dans notre enfance :

    Si Papa est triste, c’est de ma faute.

    Si Maman et Papa se disputent, c’est à cause de moi.

    J’ai fait de la peine à mes parents.

    etc, etc…

    A cette époque, notre univers étant restreint, nous ramenions facilement tout à nous. Ainsi, nous avions une vision faussée de notre impact sur notre entourage. D’autant plus si nos parents faisaient jouer la carte de la culpabilisation pour nous cadrer…

    Regarde ce que tu lui as fait, méchante !

    Tu nous causes tant de souci…

    Tu nous fais honte !

    Ainsi nous pouvons avoir développé la croyance que tout ce qui arrive de négatif dans notre entourage est de notre faute. Comment fait-on pour désamorcer cette croyance ? Facile, on suit les 5 étapes pour transformer ses croyances limitantes !

    Maintenant que nous avons repéré que la culpabilité est un produit de l’ego, et que de désamorcer une croyance peut lui couper l’herbe sous le pied, nous voilà bien outillés… et nous n’en sommes qu’au 2ème point !

    3. Prenons soin de notre enfant intérieur.

    child-659319_1280

     

    Ecoutons notre enfant intérieur comme nous aurions aimé être écoutés lorsque nous étions enfants. Permettons-lui de s’exprimer, offrons-lui notre amour inconditionnel. Plus nous serons doux avec cette part de nous-même, moins nous aurons tendance à culpabiliser. En plus… ça tombe bien: je vous offre un petit guide pour renouer avec votre enfant intérieur (c’est juste là, à droite !)

    4. Cultivons la notion de responsabilité.  La culpabilité, même si elle est douloureuse, est parfois bien pratique : le fait de regarder ce que l’on a fait ou dit comme « une faute » nous évite de considérer d’une part les bonnes raisons qui nous ont poussés à faire ce que nous avons fait ou à dire ce que nous avons dit, et d’autre part d’accueillir pleinement les conséquences de nos actes/paroles et de les assumer.

    Dire « j’ai été nul, je suis un monstre, un moins que rien »… c’est trop facile… et pas du tout apprenant !

    Posons-nous plutôt quelques questions:

    -quels besoins je cherchais à nourrir en faisant ce que j’ai fait ?

    -finalement, est-ce que ces besoins ont réellement été nourris ?

    -en fin de compte, à quoi est-ce que j’ai contribué ?

    -comment je me sens avec ça ?

    -quel besoin j’ai envie de nourrir maintenant ?

    -de quelle manière est-ce que j’ai envie de le faire ?

    -qu’est-ce que je peux apprendre de cette expérience ?

    Certaines de ces questions peuvent nous amener dans des émotions intenses, bousculantes. Les accueillir et les traverser fait partie du processus d’évolution.

    5. Cultivons la bienveillance. Envers nous, envers les autres. Acceptons d’être des apprenants. Si chaque fois que l’on tombe, on se réjouit car on est en train d’apprendre, on gagne un temps fou.

    6. Apprenons à traduire les reproches que l’on peut nous faire. Une personne qui nous dit « Franchement, t’as grave pas assuré sur ce coup-là » est juste en train d’exprimer ses besoins insatisfaits: elle parle d’elle, pas de nous ! Alors, désolée pour la culpabilité qui piaffe et qui ne demande qu’à envahir mon espace intérieur, je ne suis pas la cause de l’insatisfaction de mon collègue ! (Voir: la danse du dialogue en 6 points)

    7. Evitons d’utiliser la culpabilisation avec notre entourage. Les autres ne sont pas responsables de ce qui nous arrive ! S’il vous arrive d’en douter, et si vous êtes tenté d’accuser l’autre de vos propres maux, demandez-vous quelle part de responsabilité vous acceptez d’endosser dans votre situation.

    (par exemple: c’est vrai, quand il m’a demandé de lui rendre service, j’ai dit oui, alors que je sentais que ça n’allait pas coller)

     

    J’espère que ces astuces vous aideront comme elles m’aident au quotidien. Si vous avez d’autres répulsifs à culpabilité, n’hésitez pas à les partager en commentaire !

    à bientôt

    La Fannette

     

     

  • 4 étapes pour une communication en lien avec notre vraie nature

    shutterstock_62989189

    A travers cet article, je souhaite rendre hommage à Marshall Rosenberg, à qui l’on doit le processus de la Communication Non Violente, et qui nous a quittés le 7 février.

    On a tous envie d’une communication honnête et spontanée, qui ne nous oblige pas à nous creuser continuellement la tête.

    Parfois, quand on dit les choses « comme elles viennent », on réalise qu’on ne crée pas forcément, dans la relation, l’harmonie que l’on souhaite y trouver. C’est tout simplement que notre manière habituelle de dire les choses ne correspond pas à notre nature. Notre nature nous pousse à prendre soin de nous et des autres. Notre nature est de contribuer à la vie.

    Mais alors, pourquoi, parfois, on se fait du mal, pourquoi est-ce qu’on crée des nœuds dans nos relations ?

    Tout simplement parce que nous avons désappris notre nature. Nous avons installé en nous des programmes de fonctionnement qui nous ont amenés à ressentir de la honte ou de la culpabilité, qui nous ont encouragés à nous comparer aux autres, à nous dévaloriser, bref, de magnifiques programmes de dysfonctionnement!

    Comment désinstaller ces programmes, et nous relier à notre véritable nature ?

    (suite…)