Sortie de matrice, métaphore 1: le jeu du loup garou

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Depuis un certain temps, concernant la période que nous traversons, nous assistons à un tissage entre les discours questionnistes et les interprétations spirituelles, dont voici une trame narrative (vue par mon filtre) très grossièrement raccourcie :

     Certaines élites, soldats de l’ombre, ont marionnettisé à leur compte les pouvoirs politiques de nombreux pays. Face à cela, les « guerriers de lumière » (lanceurs d’alertes, guides spirituels et autres humains dits « éveillés »), participent de différentes manières au dévoilement des exactions de l’élite, ainsi qu’à l’avènement d’un monde nouveau, où la dualité cède la place à l’unité (ce monde nouveau est communément appelé 5ème dimension, en opposition à la matrice de 3ème dimension, dans laquelle l’humain est limité par sa vision duelle).

D’un point de vue purement logique, le chapitre « guerre des mondes », me semble difficilement superposable au cheminement vers l’unité : en effet, comment accueillir que nous sommes à la fois les particules d’un immense océan d’amour, et les protagonistes ou les témoins d’une guerre entre l’ombre et la lumière ?

C’est ce matin que trois métaphores me sont venues pour tenter de répondre à cette question. Voici la première.

Prenons le jeu du « loup garou »

  • Quand nous jouons au « loup garou », nous recevons du maître de jeu une carte qui définit notre rôle dans le jeu. Si nous sommes un loup-garou, nous savons que nous allons devoir nous faire passer pour un honnête villageois, et donc utiliser stratégiquement mensonge et mauvaise foi. Si nous sommes un villageois, nous savons que nous serons une cible pour les loups-garous, qui peuvent être l’un ou l’autre de nos voisins de jeu, donc nous nous méfions de tout un chacun. Si nous avons un rôle particulier (petite fille, sorcière, voyante), nous mettrons ce rôle au service de la communauté des villageois, dans le but de la préserver des loups-garous. Pendant le jeu, mensonges, conflits, discussions vont bon train. Lorsque le jeu est fini, dans le meilleur des cas, on félicite les gagnants, loups-garous ou villageois, pour leur finesse de jeu, leur connivence, leur intelligence, on a rangé les cartes « personnages », on a retrouvé nos vraies natures et la bonne entente est là naturellement; dans le pire des cas, on perpétue les conflits, on accuse le camp adverse d’avoir triché, et les discussions persistent, car on a pris le jeu trop à cœur et on en est restés, en quelque sorte, prisonniers. Le retour à la vraie vie ne dépend donc pas de la victoire d’un camp ou de l’autre, mais de la capacité de chacun à s’extraire du jeu.

 

  • Dans ce tableau, je pousse la comparaison entre le fonctionnement du jeu et la matrice 3D. (Si vous ne connaissez pas le jeu du « Loup-garou » et que vous voulez suivre le fil de ma pensée, je vous conseille de prendre connaissance des règles de bases ici)

 

Jeu du loup-garou Matrice 3D
Les Loups-garous dévorent les villageois à la nuit tombée, et jouent aux honnêtes villageois la journée. Ils sèment la zizanie entre les villageois pour dissimuler leur culpabilité. Les élites vampirisent les peuples de différentes manières, tout en finançant des fondations aux façades humanitaires. Ils tirent les ficelles de la politique à leur avantage, et tirent profit des conflits qu’ils encouragent.
Les villageois se font manger par les loups-garous, ils se liguent contre certains joueurs « suspects » pour les éliminer, se méfient les uns des autres, et doivent sans cesse se justifier, prouver qu’ils sont du bon côté.Ils aspirent à se libérer des loups-garous. Le peuple subit les injustices de l’élite, et cherche en son sein les responsables de ses souffrances.Il aspire à la liberté.Son but est que la justice soit rétablie (et que l’élite soit confondue).
La sorcière est dans le camp des villageois. Elle a le pouvoir de donner une potion de vie et une potion de mort selon sa perception stratégique du jeu. Parfois, elle se trompe. Les thérapeutes non corrompus tâchent de nous aider à rester en bonne santé, en se fiant à leur bon sens, mais peuvent parfois se tromper.
La voyante est également dans le camp des villageois. La nuit, elle demande à connaître la véritable identité de certains joueurs. Elle arrive donc assez rapidement à savoir qui sont les loups-garous, et elle alerte les villageois sans se démasquer. Les personnes connectées aux guides, médiums, reçoivent des messages de la source et nous les transmettent. Certains maîtres ascensionnés œuvrent dans des instances politiques.
La petite fille est dans le camp des villageois. Elle garde un œil ouvert au moment où les loups-garous éliminent des joueurs, et alerte les autres joueurs, sans se démasquer, le moment venu.Certains loups-garous vont essayer de se faire passer pour la petite fille, et donner de fausses informations. Les lanceurs d’alerte gardent l’œil ouvert, analysent les décisions politiques, font des recherches pour vérifier les dires des médias, et nous transmettent leurs découvertes.Certains médias vont systématiquement dénigrer et décrédibiliser les lanceurs d’alertes.
Le maître du jeu distribue les cartes (donc les rôles) et donne les repères du jeu. Il est totalement neutre. La société fonctionne selon un système de règles, de lois, de cartes.
Le maire est élu par les autres joueurs. (Cela peut être un loup-garou, bien entendu les villageois qui votent pour lui n’en savent rien, du moins au moment où ils l’élisent…) Les gouvernants sont élus par le peuple. Il peuvent tout à fait être les marionnettes de l’élite.
L’intensité du jeu dépend des émotions investies par les joueurs. Plus ils entrent dans le narratif, plus ils croient à leur personnage. En donnant le pouvoir à notre personnage, en s’identifiant à une étiquette, on alimente le jeu.
À tout moment, les joueurs peuvent se relier à l’environnement réel dans lequel ils jouent pour se reconnecter à ce qu’ils sont en dehors du jeu À tout moment, nous pouvons nous relier à notre environnement réel, qui est au-delà de la dualité (notre corps, la nature, les animaux, etc.) pour nous reconnecter à ce que nous sommes en dehors du jeu
Quand le jeu devient désagréable (parce que certains joueurs trichent, changent les règles en cours de route, se mettent en colère parce qu’ils s’identifient à leur rôle, ou parce que nos émotions deviennent désagréables, etc.), on peut choisir de l’arrêter, ou tout simplement d’en sortir…
Le but du jeu est d’expérimenter la dualité sans perdre de vue notre vraie nature… pour pouvoir sortir du jeu grandis et contents. Nous savons que nous sommes sortis du jeu quand nous n’avons plus d’ennemis en face de nous (non pas parce que tout le monde est sorti du jeu en même temps que nous, mais parce que nous sommes capables de voir, derrière le rôle joué par une personne, la véritable essence de cette dernière)

 

 

  • L’idée ici n’est pas d’excuser toutes les horreurs commises par les personnes qui ont tiré la « mauvaise » carte. Il s’agit de réaliser à quel point ces horreurs, ces absurdités, ces tricheries, rendent les ficelles du jeu visibles et palpables. Et maintenant que nous voyons les ficelles du jeu, maintenant que nous savons que tout cela est un décor de carton-pâte, qui tient debout par la force de nos émotions à tous, la question est : est-ce que j’ai vraiment envie de continuer de jouer à ce jeu ? Est-ce le seul jeu possible ? Il existe aussi des jeux… coopératifs, qui nous font ressentir d’autres émotions, tout aussi intenses, mais plus proches en fréquence de notre source véritable…

 

  • Le fait est que cela n’arrange pas tout le monde que l’illusion du jeu soit démasquée. Car certains joueurs s’amusent trop bien, et ne veulent lâcher leur rôle pour rien au monde. Ces derniers vont faire des caprices monumentaux pour nous empêcher de jouer à autre chose. Ils vont nous promettre la lune si on reste jouer avec eux. Que valent ces promesses illusoires ? Ce n’est qu’un jeu ! Ils vont nous menacer de sanctions. Que valent ces menaces ? Ce n’est qu’un jeu ! Plus ils nous menacent du pire, plus ils nous promettent le meilleur, plus ils tirent sur la ficelle : et plus la ficelle se voit ! Ne serait-ce pas là leur véritable rôle dans le grand jeu ? Rendre la ficelle tellement visible que le monde entier parte d’un grand éclat de rire : et dire qu’on a cru que c’était cela, notre monde, alors que ce n’était qu’un jeu…

 

  • Pour sortir du jeu, il est contre productif d’accuser les loups-garous d’être des loups-garous, car cela revient à continuer de jouer avec eux (c’est l’objet même du jeu). L’idée est de retrouver en nous, au-delà de la carte « personnage », ce que nous sommes vraiment, en nous reliant au moment présent, en nous connectant, depuis l’intérieur de nous, à l’essence véritable qui fait que nous sommes vivants. Et à partir de cet endroit-là de nous, simplement nous poser la question: à quoi est-ce que j’ai réellement envie de jouer ?

Amusez-vous bien!

La Fannette

 

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