Étiquette : bienveillance

  • Observer sans juger: une première étape vers la paix

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    En ce moment, je fais un remplacement en tant que professeur de français. Vendredi, une élève faisait une présentation orale, dont le thème était: « si j’étais un personnage de conte, ou de la mythologie, qui serais-je, et pourquoi ? ». L. avait choisi Cupidon. « Car ainsi, disait-elle, je pourrais répandre l’amour entre les humains. Pas forcément l’amour des amoureux… mais l’amour… la paix, quoi. » A la suite de quoi ses camarades lui ont posé des questions. L’une d’entre elles a retenu mon attention: « Et sans être Cupidon, on peut faire quoi, pour répandre l’amour entre les humains? »

    Le débat qui suivit fut très intéressant. Car bien sûr les élèves sont arrivés à la conclusion qu’ils étaient, eux-mêmes, des humains. Et que pour changer le monde, changer la part du monde dont on est responsable, c’est à dire soi, c’est un pas capital. Ils ont admis que parfois, oui, ils se faisaient la guerre entre eux. Et qu’ils aimeraient qu’il en soit autrement. Ils étaient même bougrement motivés à « ne plus chercher à se venger », « ne plus se mettre en colère », « ne plus insulter les autres »… et en même temps que j’admirais leur motivation, je prenais conscience du sens que cela pouvait avoir de transmettre des outils pour faire la paix en soi. Car on a beau être motivé, il ne suffit pas de décider de ne plus se mettre en colère pour atteindre le niveau de sagesse d’un grand lama.

    Comme je me suis formée pendant dix ans à la Communication Non Violente, je vous propose, pendant les semaines qui viennent, d’explorer cet outil qui se veut plus un art de vivre qu’une habitude de langage.

    (suite…)

  • la météo intérieure: comment la gérer?

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    « Pourquoi ce creux de vague, alors que tout allait si bien ? »

    « Pourquoi cette sensation de dépendance affective, alors qu’il y a trois jours je me sentais autonome et bien dans mes pompes ? »

    « Que vient faire là cette tristesse, j’ai tout pour être heureuse ! »

    Se poser ce genre de questions revient au même que de s’interroger sur la météo… pourquoi ce froid, alors qu’hier il faisait si bon, pourquoi la pluie, pourquoi le vent ?

    On est d’accord: il est totalement inutile de se poser ce genre de question (quand on n’est pas passionné de météorologie). Déplorer le temps qu’il fait est une pure perte d’énergie. Il en est de même pour nos petits commentaires sur notre météo intérieure. Se lamenter sur une mélancolie qu’on ne peut expliquer ne fait qu’ajouter une chape de plomb sur notre ciel déjà couvert.

    Mais alors que faire? Comment sortir de cet état?

    1- Dans un premier temps, cesser de culpabiliser sur le fait d’être triste. En effet, on peut avoir tendance à croire qu’il faut absolument être gai, heureux, drôle, et que si l’on est maussade, on va gâcher la vie de notre entourage. A force d’entendre parler de la pensée positive, de l’optimisme, du « bon côté des choses », on finit par s’imaginer qu’il n’y a plus de place pour la tristesse, le chagrin, la mélancolie. Ce qu’on oublie, c’est qu’appliquer les principes de la pensée positive ne signifie pas se mentir, faire semblant, culpabiliser d’être mal… mais plutôt accueillir ce qui est avec bienveillance. Donc, accueillir notre météo intérieure, aussi maussade soit-elle, les bras ouverts.

    2- Ensuite, lâcher l’idée de vouloir sortir de cet état. Si l’on est triste, même si l’on ne peut l’expliquer, c’est qu’une part de nous appelle à être entendue: il ne s’agit pas de la fuir ou de l’ignorer, sinon, elle reviendra, toujours plus tenace. Ecoutons-la plutôt, et si les larmes veulent couler, ne les retenons pas.

    3- S’appuyer sur nos prises de conscience, sur notre expérience, pour passer le cap. Par exemple, lors de mon dernier coup de blues, ce qui m’a portée, c’est de me rappeler que chaque fois que je dégringole dans un creux de vague, je finis par trouver un trésor: donc, si je plonge, c’est que j’ai quelque chose à aller chercher tout au fond. Cette idée m’aide à accepter l’inconstance de ma météo intérieure.

    4- Demander du soutien. Dans notre réseau d’amis ou notre famille, nous avons des personnes ressources, qui sont souvent ouvertes à nous aider, à condition qu’on le leur demande clairement.

    5-Garder nos bonnes habitudes. Quand tout va bien, c’est le moment de poser et d’ancrer des rituels qui contribuent à notre bien-être: manger sainement, bien boire, prendre des temps de « respiration » dans la journée, exprimer sa gratitude régulièrement… ainsi, quand on traverse un creux de vague, si l’on se tient à nos rituels, il nous sera plus facile de retrouver la pêche.

    Ces cinq attitudes me permettent de traverser mes « averses » intérieures beaucoup plus facilement que par le passé.

    Si vous connaissez et appliquez d’autres postures, n’hésitez pas à les partager en commentaire !

    à bientôt,

    La Fannette

  • Anti burn-out : le knock-out

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    Rassurez-vous, je ne vais pas vous proposer de boxer votre patron. Ni votre conjoint. Non. Depuis le temps, vous devriez me connaître : je prône des valeurs pacifistes!

    Aujourd’hui, il s’agit de mettre la culpabilité KO. Histoire de savoir se respecter. S’aimer. Se considérer. Histoire d’échapper au burn-out, une fois de plus…

    Le temps de compter jusqu’à 7…

    ça vous tente ?

    Alors allons-y !

    1. Débusquons-la.

    Elle se cache bien, la sournoise. Parfois, elle met ses gros sabots: vous vous entendrez dire ou penser « c’est de ma faute », et vous saurez, instantanément, que c’est elle qui vient vous tenter.

    Mais à force de se faire repérer et démanteler sans pitié (voir points suivants…), elle va essayer d’avancer masquée.

    Prudence: traquez les « j’aurais dû », mais aussi les « c’est pas de ma faute », les  « qu’est-ce que tu veux que j’y fasse, moi »…

    Parce que lorsqu’on se sent coupable, ça nous fait tellement souffrir qu’on va essayer à toute force de rejeter la faute sur l’autre, ou de se prouver qu’on n’y est pour rien.

    Et plus on mettra d’énergie à prouver qu’on n’est pas coupable, plus cela dénotera d’un sentiment important de culpabilité. En fait, dès qu’un événement est analysé avec la notion de « faute », la culpabilité est dans la place.

    Et paf, la voilà démasquée !

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    2. Allons lui chatouiller les racines, lui tirer les vers du nez, et lui passer l’envie de s’incruster à la moindre occasion !

    Derrière la culpabilité se cache une exigence :

    Je suis censé être calme, patient, ferme et bienveillant à la fois, par conséquent le fait que je vienne de me fâcher contre ma fille est impardonnable.

    Je suis censée gagner de l’argent pour subvenir aux besoins de ma famille, tout en veillant à ce que chacun se sente bien, par conséquent, le fait que mon activité ne décolle pas démontre ma grande médiocrité.

    Je suis censé ramener des bonnes notes à mes parents, pour qu’ils soient fiers de moi, par conséquent je ne suis absolument pas à la hauteur avec la bâche que je viens de ramasser.

    etc, etc…

    Vous remarquerez que l’exigence tourne toujours autour de l’image que j’ai de moi, ou de celle que j’aimerais les autres aient de moi. Autrement dit, la culpabilité est un pur produit de notre ego.

    Elle peut prendre ses racines dans notre enfance :

    Si Papa est triste, c’est de ma faute.

    Si Maman et Papa se disputent, c’est à cause de moi.

    J’ai fait de la peine à mes parents.

    etc, etc…

    A cette époque, notre univers étant restreint, nous ramenions facilement tout à nous. Ainsi, nous avions une vision faussée de notre impact sur notre entourage. D’autant plus si nos parents faisaient jouer la carte de la culpabilisation pour nous cadrer…

    Regarde ce que tu lui as fait, méchante !

    Tu nous causes tant de souci…

    Tu nous fais honte !

    Ainsi nous pouvons avoir développé la croyance que tout ce qui arrive de négatif dans notre entourage est de notre faute. Comment fait-on pour désamorcer cette croyance ? Facile, on suit les 5 étapes pour transformer ses croyances limitantes !

    Maintenant que nous avons repéré que la culpabilité est un produit de l’ego, et que de désamorcer une croyance peut lui couper l’herbe sous le pied, nous voilà bien outillés… et nous n’en sommes qu’au 2ème point !

    3. Prenons soin de notre enfant intérieur.

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    Ecoutons notre enfant intérieur comme nous aurions aimé être écoutés lorsque nous étions enfants. Permettons-lui de s’exprimer, offrons-lui notre amour inconditionnel. Plus nous serons doux avec cette part de nous-même, moins nous aurons tendance à culpabiliser. En plus… ça tombe bien: je vous offre un petit guide pour renouer avec votre enfant intérieur (c’est juste là, à droite !)

    4. Cultivons la notion de responsabilité.  La culpabilité, même si elle est douloureuse, est parfois bien pratique : le fait de regarder ce que l’on a fait ou dit comme « une faute » nous évite de considérer d’une part les bonnes raisons qui nous ont poussés à faire ce que nous avons fait ou à dire ce que nous avons dit, et d’autre part d’accueillir pleinement les conséquences de nos actes/paroles et de les assumer.

    Dire « j’ai été nul, je suis un monstre, un moins que rien »… c’est trop facile… et pas du tout apprenant !

    Posons-nous plutôt quelques questions:

    -quels besoins je cherchais à nourrir en faisant ce que j’ai fait ?

    -finalement, est-ce que ces besoins ont réellement été nourris ?

    -en fin de compte, à quoi est-ce que j’ai contribué ?

    -comment je me sens avec ça ?

    -quel besoin j’ai envie de nourrir maintenant ?

    -de quelle manière est-ce que j’ai envie de le faire ?

    -qu’est-ce que je peux apprendre de cette expérience ?

    Certaines de ces questions peuvent nous amener dans des émotions intenses, bousculantes. Les accueillir et les traverser fait partie du processus d’évolution.

    5. Cultivons la bienveillance. Envers nous, envers les autres. Acceptons d’être des apprenants. Si chaque fois que l’on tombe, on se réjouit car on est en train d’apprendre, on gagne un temps fou.

    6. Apprenons à traduire les reproches que l’on peut nous faire. Une personne qui nous dit « Franchement, t’as grave pas assuré sur ce coup-là » est juste en train d’exprimer ses besoins insatisfaits: elle parle d’elle, pas de nous ! Alors, désolée pour la culpabilité qui piaffe et qui ne demande qu’à envahir mon espace intérieur, je ne suis pas la cause de l’insatisfaction de mon collègue ! (Voir: la danse du dialogue en 6 points)

    7. Evitons d’utiliser la culpabilisation avec notre entourage. Les autres ne sont pas responsables de ce qui nous arrive ! S’il vous arrive d’en douter, et si vous êtes tenté d’accuser l’autre de vos propres maux, demandez-vous quelle part de responsabilité vous acceptez d’endosser dans votre situation.

    (par exemple: c’est vrai, quand il m’a demandé de lui rendre service, j’ai dit oui, alors que je sentais que ça n’allait pas coller)

     

    J’espère que ces astuces vous aideront comme elles m’aident au quotidien. Si vous avez d’autres répulsifs à culpabilité, n’hésitez pas à les partager en commentaire !

    à bientôt

    La Fannette

     

     

  • Deux points importants pour dire non avec bienveillance

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    Cet article fait suite à celui que j’ai posté le  11 février: Pourquoi dire non, comment dire non, en 6 questions

    J’aimerais détailler une manière d’exprimer ce « non » qui soit au service de la relation.

    Il est d’abord nécessaire de sentir la justesse de ce « non », jusque dans nos tripes (pour le vérifier, reportez-vous au précédent article sur le « non »). Puis, il ne nous reste qu’à…

    1: formuler

    -Parfois, on a tendance, par peur de ne pas être compris ou entendu, à être agressif dans notre manière de dire non: on va chercher à se justifier, en rejetant la responsabilité de notre choix sur l’autre:

    « Et puis quoi encore ? J’ai déjà fait cette tâche la semaine dernière, y’a pas écrit bonne poire, ici! »

    En faisant cela, on accuse l’autre personne de nous faire une demande, et on ne facilite pas la transparence de la relation: en effet, par la suite, si la personne appréhende notre réaction, elle risque de s’organiser dans notre dos, sans nous consulter.

    -On peut aussi culpabiliser de dire non, et essayer de biaiser en trouvant de faux prétextes:

    « Ah, mais en fait, je peux pas trop, j’ai des choses à faire, je sais pas, peut-être, mais ça m’étonnerait… »

    En faisant cela, on ne contribue pas à la clarté dans la relation, et si l’autre personne s’appuie sur notre culpabilité pour insister, on risque de se retrouver à répondre à sa demande alors qu’on ne le souhaitait pas, et finalement, d’en vouloir à cette personne.

    (suite…)