10 croyances qui tuent l’amour

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Je suis un peu remontée quand je lis des listes de « tue l’amour » dans le genre « porter des socquettes qui font des marques aux mollets » ou « se curer les dents à la fin du repas« . Tout ça est absolument insignifiant, j’en suis la preuve vivante puisque ma relation de couple résiste à mes frasques « anti glamour » depuis plus de vingt ans.

Trêve de plaisanterie… pour moi, le véritable « tue l’amour » est beaucoup plus sournois qu’un petit bout de salade coincé entre les dents. Et plus tenace, aussi. Il consiste en une croyance, le plus souvent ancrée depuis l’enfance, qui joue le rôle de lunettes déformantes, et transforme l’élu de notre cœur en boulet, ou en monstre, ou en débile profond, ou en dieu infaillible, selon les cas.  En tout cas, le danger de ce genre de croyance réside dans le fait que l’on projette sur l’autre quelque chose qui nous appartient en propre: notre croyance. Cette dernière peut aussi s’appliquer à notre manière de voir l’amour, ou la vie conjugale.

Voici un petit tour d’horizon (non exhaustif) des croyances « tue l’amour », agrémentées de suggestions:

-1- les hommes sont comme ci, les femmes sont comme ça.

Cette croyance peut se révéler très dangereuse pour le couple, surtout quand elle se manifeste au quotidien par des phrases du genre: « vous, les femmes, vous êtes incapables de gérer vos émotions », « vous, les hommes, vous êtes vraiment bordéliques ».

Désolée pour tous ceux et toutes celles qui comptaient sur le handicap profond de l’autre sexe pour justifier leur agacement et ne pas chercher à comprendre leur conjoint, l’idée selon laquelle les hommes sont comme ci et les femmes comme ça tend à enfermer les genres sous des étiquettes, et n’est pas au service du couple.

Oui, c’est vrai, les femmes ne sont pas faites comme les hommes, et les hormones, et la culture, et ceci, et cela. Oui, nous sommes bien d’accord. Mais si nous acceptons de nous laisser cataloguer, enfermer dans des cases, où sont nos chances de développer nos énergies féminines et masculines? Nous les possédons tous en nous, que nous soyons hommes ou femmes. Nous considérer comme séparés, et incapables de nous comprendre, parce que nous sommes de genres différents, nous empêche de nous écouter l’un l’autre,  de nous imaginer à la place de l’autre. Autrement dit, cette croyance est un formidable obstacle à l’empathie entre les hommes et les femmes.

Etes-vous adepte d’idées arrêtées sur les hommes et les femmes ? Essayez de repérer à quoi ces idées contribuent dans votre vie.

-2-les croyances ancrées dans la famille.

Notre héritage en terme de croyances n’est pas anodin. Il peut s’agir :

  • de croyances explicites, que l’on a entendues de nos parents, clairement formulées. Du genre: « Tu sais, les bonhommes, il faut les secouer, sinon y’a rien qui bouge »
  • ou bien de croyances qui se sont ancrées à partir de notre expérience. Par exemple, si l’on a dans notre famille beaucoup d’exemples de divorces ou de mariages malheureux, on pourra facilement s’approprier la croyance qu’il est impossible d’être heureux en couple.

 

Prenez le temps de vérifier: quelles sont les croyances dont vous avez hérité de votre enfance, concernant l’amour ?

-3-On ne peut pas aimer sans souffrir.

Cette croyance est l’héritage direct d’un romantisme maladif, qui nous fait chanter « je t’aime à mourir », « je t’aime, j’en crève, j’en crève », « j’ai mal de t’aimer si fort », « moi j’ai le mal d’aimer »… et j’en passe. Le courant romantique a beau être derrière nous, la tentation d’être la victime pantelante de notre trop brûlant amour est toujours présente.

Oui, certes, c’est beau… à voir en film, à lire en livre, peut-être… mais à vivre ? Non merci!

Si pour vous, une belle histoire d’amour doit répondre à certains critères que vous avez repérés dans la littérature ou dans des films, demandez-vous si vous ne préférez pas, tout simplement, vous ouvrir à un amour « hors critères » qui vous promet bien des surprises…

-4-aimer, c’est être faible

C’est pour cela qu’on nous dit qu’il ne faut pas l’appeler en premier, que c’est lui ou elle qui doit faire le premier pas, que dire « je t’aime » plus d’une fois par jour c’est s’aplatir, et que plus on sera distant, plus on aura de succès.

Cette croyance a pu nous être utile si nous avons vu nos proches souffrir, ou si nous avons nous-même souffert dans une relation amoureuse. Mais est-elle toujours d’actualité ? Avons-nous encore besoin de nous protéger à ce point ?

A mon sens, le besoin profond qui est caché derrière cette croyance est un besoin de sécurité: « j’aimerais être rassuré(e) que je ne m’oublie pas, que je me respecte ». Poser les bases du respect de soi, de notre capacité à mettre nos limites peut nous aider à nous ouvrir à l’autre.

Avez-vous tendance à mettre de la distance, à ne pas exprimer votre vulnérabilité ? Si oui, demandez-vous de quelle façon vous pourriez vous sentir en sécurité dans la relation amoureuse.

-5-Inutile de dire « je t’aime »: il/elle le sait bien!

Lorsque dès l’enfance, l’expression des sentiments a été bridée par la pudeur, on se satisfait d’une communication dominée par les non-dits, et par le non verbal.

On peut aussi avoir tendance, pour éviter de se sentir en lien avec ses émotions, de tout tourner en dérision. Toute littérature, toute musique, tout film sur le thème de l’amour seront qualifiés de « niais » ou de « gnan gnan ».

Si vous ne pouvez pas regarder votre conjoint(e) dans les yeux plus de trois secondes d’affilée (sans parler), si vous êtes agacé(e) ou gênée(e) lorsqu’il ou elle vous parle de ses sentiments pour vous, si vous avez envie de rire grassement au moment du film où tout le monde verse sa larme… posez-vous la question: suis-je en lien avec mon cœur ? N’y a-t-il pas en moi quelque chose qui aspire à s’exprimer, à se déployer ? Comment pourrais-je aider cette part de moi à s’épanouir?

-6-s’il ou elle m’aime, il ou elle est censé(e) faire ci ou ça

Prendre l’amour pour un contrat signé est un des écueils les plus destructeurs pour une vie de couple harmonieuse.

Peut-être est-ce évident pour vous que vous allez échanger des cadeaux le jour de la st Valentin. Peut-être que vous considérez comme allant de soi, le fait que votre conjoint vous laisse dormir quand vous êtes fatiguée, ou qu’il vous serve le petit déjeuner au lit le jour de votre anniversaire. Mais pour lui, non. Pour lui, ce qui tombe sous le sens, c’est que si vous l’aimez, vous accepterez de vous marier avec lui dès qu’il vous le demandera, et que vous lui offrirez des fleurs tous les dimanches.

Tout cela, ce sont des repères. Ces repères peuvent varier d’une famille à l’autre, d’une culture à l’autre, d’un pays à l’autre. S’attendre à ce que son compagnon ou sa compagne respecte les repères dans lesquels nous avons grandi, et qui plus est sans en parler, relève d’une exigence démesurée.

Si vous vous reconnaissez dans cette exigence, essayez de saisir la différence entre l’amour, qui est un sentiment, et la communication, qui est un outil. Tâchez de voir de quelle manière vous pouvez mettre l’outil communication au service du sentiment amour…

 

-7-il faut à tout prix éviter les conflits

Lorsque, enfant, nous avons vécu au milieu de conflits mal gérés, nous avons dû nous protéger de ces derniers, nous les avons fuis par tous les moyens possibles ou imaginables: nous avons préféré mentir même sur des sujets importants pour éviter « que ça fasse des histoires ». Ces stratégies nous ont certainement rendu un fier service à ce moment-là, car nous étions trop petits pour prendre du recul et avions réellement besoin de nous protéger.

Là où cela devient problématique, c’est lorsque nous continuons à fuir le conflit dans notre relation de couple: donc, nous continuons à mentir pour éviter de nous confronter à nos responsabilités. Il est important de réaliser que si le conflit peut être douloureux, il peut aussi être géré de manière tout à fait paisible, et se révéler être un formidable vecteur d’évolution.

Vous arrive-t-il de mentir pour éviter un conflit avec votre conjoint? Que protégez-vous alors ? Prenez le temps d’imaginer une explication posée, où chacun s’exprime: cela vous paraît-il réalisable ?

-8-il faut faire « front commun » face aux enfants

Malheureusement, à moins d’être marié avec son clone, c’est mission impossible. C’est pourquoi s’accrocher à cette idée est à mon avis mauvais pour la relation. Car si l’on se force à être d’accord à tout prix sur les méthodes éducatives, nos véritables finiront par refaire surface, pas forcément de la manière la plus sereine, ni au meilleur moment… Et c’est là qu’on risque de semer à notre tour des croyances limitantes, en prenant finalement nos enfants à parti…

Pourquoi ne pas assumer tranquillement nos différences, et informer nos enfants, tout simplement, que sur tel et tel point nous n’avons pas le même point de vue ? Cela pourrait être l’occasion d’un échange familial pendant lequel ils auraient la possibilité de s’exprimer sur la question…

Avez-vous l’impression de mettre de côté certaines de vos convictions ? Ou bien avez-vous tendance à ignorer les aspirations de votre conjoint? Quel impact a ce fonctionnement sur votre relation de couple ?

-9-il faut avoir le dernier mot

Vous est-il déjà arrivé, lors d’un repas entre amis, de devoir supporter ce genre de dialogue:

-Oui, c’était au retour de nos vacances d’hiver…

-Non, chérie, voyons, c’était au printemps!

-Pas du tout, il y avait de la neige, je m’en souviens très bien!

-Oui, il y avait de la neige, mais c’était au printemps, même qu’il y avait des perce-neige le long du chemin et que…

-N’importe quoi! Tu confonds avec l’année précédente !

Bref.

Dans ce genre de discussion, l’enjeu des deux protagonistes est le même: avoir raison. Pour remporter leur bout de gras, ils sont capables de nous casser les oreilles, de pourrir l’ambiance, et de se fâcher l’un avec l’autre !

Si vous vous reconnaissez dans cette tendance, voici une formule magique qui a fait ses preuves: « ça n’a pas d’importance ». Car, à y bien regarder, qu’est-ce qui a de l’importance ? Avoir raison à n’importe quel prix, ou être heureux ?

-10-je pourrais faire ci ou ça, mais avec lui/elle, c’est impossible…

Cette croyance est très efficace pour qui n’a pas le courage de prendre ses responsabilités: c’est la faute de l’autre ! Youpi ! Je n’y suis pour rien ! Il ne supporte pas tout ce qui est yoga, méditation,  théâtre, fabrication de pompons, développement personnel, que sais-je encore, alors voyez-vous, c’est pas moi, il faut bien que je renonce, sinon il va péter un câble…

Désolée, ça marche pas. Enfin, pour casser l’amour, c’est super: parce qu’au bout d’un moment, on lui en voudra tellement de « nous avoir empêché(e) de nous réaliser », qu’on lui rendra la vie impossible. Le top.

Voyons voir: qu’est-ce qui me tient à cœur, et que je ne fais pas, en prétextant que c’est lui/elle qui m’en empêche ? En quoi est-ce que cela m’arrange de penser que c’est lui/elle qui me bride ? Quel premier petit pas puis-je faire pour me réaliser pleinement tout en prenant soin de la relation ?

Si vous avez reconnu comme vôtres certains de ces fonctionnements, et que les clés que je vous propose dans cet article vous laissent sur votre faim, relisez celui-ci, il vous aidera à transformer vos croyances limitantes.

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à bientôt

La Fannette

8 Comments

  • Coucou, ce sujet me laisse sans voix. Ou presque !
    La croyance à laquelle je pense relève de l’enfance.Comment ,enfant ,ayant grandi dans un contexte de relation conjugale toxique ,puis-je ensuite me libérer de cette empreinte ? Bien sur je considère cette question comme une croyance limitante, et d’ailleurs je me pose une question qui me fait sourire : et si je retrouvais l’enfant qui est en moi ? Je l’ai déjà rencontré. Maintenant que j’y pense, il avait l’air plutôt…indéformable….

    • Coucou Bérangère… quand tu écris « indéformable », Est-ce que tu veux dire que l’enfant que tu étais se rendait imperméable à tout ce qui pouvait l’atteindre ?

  • Hi, bon sang,je trouve épuisant de regarder tout ça à la loupe.En simple,c’est maintenant que l’enfant s’émerveille de la femme romantique que j’étais(long,long time ago) ,que je redeviens plus irréaliste encore et c’est sûr à la solde de vilaines souffrances qui ne conduisent pourtant au renoncement.
    Tant mieux que nombre de couples d’amoureux qui ne sont pas uniquement H/F mais amoureux tout court,résistent à ces turpitudes ! de façon innée ou en bossant dur.

    • Coucou Cécile! Merci pour ton témoignage. En fait, « bosser dur », comme tu dis, à mon avis ce n’est rien de plus que de regarder tout ce qu’on peut qualifier de « turpitudes » et de « vilaines souffrances », de manière à en tirer une expérience sur laquelle on peut s’appuyer. Qu’en penses-tu?

      • HI fanny-nette,,,oui,sûr le regard est comment dire,un outil alors que souffrances et turpitudes de l’ordre du ressenti,je ne dirais pas s’appuyer,je dirais , plutôt se confronter,nous avons tous notre propre lecture.

        • Oui, Cécile, je suis d’accord, les mots qui nous aident le plus sont ceux qui résonnent pour nous, et ce ne sont pas forcément les mêmes pour chacun! bises!

  • HI Fanny-nette,oui,je veux bien évoquer ce besoin de bouger qui à mon avis s’active lorsque tu prends conscience que tu es réellement en vie,j’entends par là que tu entrevois un sens à ta vie,lequel jusque là était inenvisageable ;).
    bises,
    Cécile
    PS: ce commentaire fait en fait suite à l’article « Sortir de la voie de garage… et vivre »

    • Oui, je suis d’accord, c’est une question de sens! Quand on vois le sens, on ne voit plus les choses comme avant!
      bises

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